Les-Infideles-affiche-copie-1

Avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Géraldine Nakache
Genre : comédie, film à sketchs

Sortie le 29 février 2012

L’Histoire : une fois n’est pas coutume, ce film nous présente non pas une histoire, mais plusieurs. Sept réalisateurs (dont une réalisatrice !) nous livrent en autant de court-métrages leur vision de l’infidélité masculine.

La critique : Porté par une idée de Jean Dujardin, ce film intéresse déjà ne serait-ce que par sa construction.
En effet, le public n’est pas forcément habitué à voir ce que l’on appelle des films à sketches. Ce concept permet à plusieurs réalisateurs d’offrir leurs propres variations sur un même thème. On pense notamment à deux précédents assez importants comme Paris je t’aime ou encore son pendant américain New York, I love you.
Ici, pas de ville commune mais un sujet commun : l’infidélité masculine.

On découvre par exemple les aventures de Fred et Georges qui trompent allègrement leurs femmes chaque nuit tout en se posant des questions existentielles sur les raisons qui les poussent à agir ainsi. il y aussi le pauvre Bernard, surpris par sa femme dans une position inconfortable aux urgences de l’hôpital. Les acteurs et les actrices au casting de ce projet original, s’en donnent à coeur joie, Jean Dujardin et Gilles Lellouche en tête ! Leur plaisir transparaît quasiment à chaque plan et on le partage ! On rit très souvent dans la salle en se disant que les hommes sont des salauds mais que c’est trop bon ! Mention spéciale aussi à Guillaume Canet qui détonne dans son rôle de séducteur invétéré ahuri, se débarrassant sans ménagement de sa maîtresse à l’arrivée de sa femme.

Les personnages féminins ne sont pas en reste avec une Géraldine Nakache qui ne se laisse pas abuser par son Gilles Lellouche de mari. Citons également Sandrine Kiberlain qui campe une psychologue façon maîtresse d’école dans une réunion des infidèles anonymes,
jouissif !

Malheureusement, la bonne humeur que nous offre ce film est quelque peu gâchée par deux sketches un peu plus « sérieux ». Le premier met en scène un orthodontiste vivant une relation avec une ancienne patiente aujourd’hui âgée de 19 ans. Mais la jeune fille a bientôt des envie d’ailleurs et cela finit en bagarre dans une boite de nuit. Un peu glauque…

Le second sketch nous présente François (Jean Dujardin) et Lisa (Alexandra Lamy) qui s’avouent mutuellement leurs infidélités respectives. Cette scène prend un écho particulier lorsque l’on sait que les deux comédiens vivent ensemble dans la vraie vie… Ils se montrent jaloux, agressifs voire violents et on n’est pas très à l’aise, on sent une certaine lourdeur… Dommage pour le spectateur qui s’amusait vraiment jusque-là.

Sans doute un des défauts du cinéma français actuel : on cherche trop souvent à faire rimer qualité et gravité. Il aurait été sûrement préférable ici de jouer le registre comique à fond. D’aucuns diront que cette différence de traitement est imputable à la sensibilité forcément propre des différents réalisateurs. C’est vrai… Mais ce projet est quand même globalement présenté sous l’angle de la comédie alors… assumez la chose jusqu’au bout Messieurs dames les Cinéastes !

Heureusement ce petit raté est rattrapé avec le dernier sketch à Las Vegas qui achève le film apothéose…

*Réalisé par Emmanuelle Bercot, Fred Cavayé, Alexandre Courtes, Jean Dujardin, Michel Hazanavicius, Eric Lartigau et Gilles Lellouche.

La note d’Etats Critiques : 7/10

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