Pour fêter les 40 ans de carrière d’un des réalisateurs les plus marquants du Nouvel Hollywood, la rédaction de votre blog préféré a choisi de revenir sur son premier long-métrage : « Duel ».
Nous aurions pu choisir les Dents de la Mer ou encore Rencontres de Troisième Type mais il nous est apparu plus intéressant d’évoquer une œuvre virtuose et assez méconnue du père d’E.T. alors jeune cinéaste.

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À l’origine, ce film est un téléfilm commandé par la chaîne américaine ABC. En effet, vous apprendrez dans les bonus du DVD que Steven Spielberg a débuté sa carrière à la télévision en réalisant par exemple le tout premier épisode de la série policière Columbo !
Adapté d’une nouvelle éponyme de Richard Matheson, l’auteur en signe d’ailleurs le scénario, le film se focalise sur David Mann, un représentant de commerce (Dennis Weaver) qui se retrouve inexplicablement traqué par un poids-lourd sur les longues routes californiennes… La grande force du film est de nous présenter une course-poursuite à mort en utilisant les codes du western, du western spaghetti en particulier avec l’utilisation des grands espaces ou le face à face… Ce thème est ici modernisé puisqu’il s’agit d’un duel (d’où le titre) entre deux véhicules. Ce duel est d’autant plus fort que la différence de « gabarit » entre la voiture de David et le camion gigantesque est impressionnante. Pour rajouter à l’angoisse, on ne voit jamais le visage du camionneur : seules ses jambes et son bras sont montrés à l’écran.
Ce choix délibéré renforce l’impression de personnification du camion en donnant le sentiment qu’il est mû par une volonté propre… On ne sait pas non plus pourquoi le héros est dans une telle situation ! Nous sommes dans le même état d’esprit que ce pauvre David Mann qui tente désespérément de rentrer chez lui en vie, sans jamais comprendre ce qui lui arrive.

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Comme lui on s’interroge, comme lui on regarde anxieusement dans les rétroviseurs en espérant réussir à semer le terrible mastodonte du bitume, comme lui on croit même pouvoir identifier le conducteur criminel dans ce café au bord de la route mais à chaque fois notre espoir est déçu…

Le face-à-face final est inexorable, inévitable et il se déroule lors d’une scène très impressionnante, probablement l’une des plus marquantes de la filmographie de Spielberg avec les 20 premières minutes d’Il faut sauver le soldat Ryan.

Ce thriller magistral préfigure les autres films du cinéaste, le camion faisant écho au monstre des Dents De La Mer

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Thriller. Etats-Unis. 1971. Réal : Steven Spielberg. Avec Dennis Weaver, Lucille Benson, Eddie Firestone.
Sources images : le quotidienducinema.com – alsolikelife.com – le_krak.eklablog.com

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