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Nationalité : Américaine
Avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn
Genre : Biographie, drame

Sortie le 30 janvier 2013

L’histoire : Le combat d’Abraham Lincoln et des Républicains pour l’abolition de l’esclavage sur fond de Guerre de Sécession…

La critique : Après Cheval de Guerre en 2011, Steven Spielberg poursuit son retour vers un cinéma plus traditionnel, bien loin de son Tintin virtuel sans âme… Il revient à un genre qui lui a valu nombre de récompenses : le film historique.

On se souvient tous encore de La Liste de Schindler (1993), de l’excellent Munich (2005) ou encore des vingt premières minutes saisissantes d’Il faut sauver le soldat Ryan (1998) qui ont révolutionné la représentation de la guerre au cinéma (le reste du film étant plus discutable mais c’est un autre débat…).

Pour sa nouvelle réalisation, le cinéaste américain a choisi de mettre en scène Abraham Lincoln et il a élu Daniel Day-Lewis (plutôt discret depuis le western pétrolier There Will Be Blood sorti en 2007) pour donner vie au 16e Président des Etats-Unis en pleine Guerre de Sécession.

La prestation de l’acteur britannique est à la hauteur des attentes, dans la lignée de celle de Meryl Streep dans La Dame de Fer (2011), il parvient à s’effacer totalement derrière son personnage. Magistral.

Oui mais voilà, l’intérêt du film s’arrête là. A vrai dire, Steven Spielberg s’est trompé de titre pour son film qui aurait dû s’intituler : Il faut adopter le 13e Amendement tant l’intrigue s’articule essentiellement autour du combat de Lincoln et de son camp républicain pour l’adoption dudit 13e Amendement, synonyme d’abolition de l’esclavage en Amérique.

On suit alors les palabres, les négociations acharnées avec le camp démocrate pour obtenir, voire acheter une nombre suffisant de voix pour que cet article historique vienne enrichir la Constitution.

La Guerre de Sécession en elle-même n’est malheureusement évoquée qu’à l’occasion d’une rapide scène de combat en ouverture, d’échanges télégraphiques entre Lincoln et son Général Grant ou bien encore de la découverte des charniers d’après batailles. Oubliées les scènes épiques, donc…

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Spielberg préfère se focaliser sur la guerre politique de Lincoln. Pour notre plus grand malheur.

Les discussions sont interminables et l’ennui profond ne tarde pas à se manifester au détour des couloirs de la Maison Blanche…

Quand on ne s’endort pas au milieu des négociations, on le fait face à l’intimité de Lincoln qui aime femme, se dispute avec femme dans des scènes intimistes sans fin, à grand renforts de plans tournés en contre-jour, véritable marque de fabrique de Spielberg, utilisée ici jusqu’à la saturation…

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Le tout est accompagné d’une une bande originale pas très originale, justement ! Le fidèle John Williams donne l’impression de « recycler » son travail effectué sur le soldat Ryan…

Heureusement, les débats houleux au Congrès dynamise (un peu) le récit. Tommy Lee Jones crève l’écran en représentant républicain boiteux qui n’a pas son pareil pour pareil pour clouer le bec des opposants à l’Amendement !

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Le suspense du vote final est aussi bien rendu mais l’ensemble reste bien trop mou pour convaincre.

Autrement dit, la réconciliation avec le grand Spielberg n’est pas encore à l’ordre du jour. Certes, Lincoln n’est pas nul mais il reste très décevant… Peu importe, cela ne devrait pas l’empêcher de décrocher la faveur des suffrages à la prochaine cérémonie des Oscar…

La note d’Etats Critiques : 5/10

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