L’été avance doucement et l’on poursuit notre cheminement dans la forêt des blockbusters qui nous envahit chaque année. Après le retour des Supers héros (Iron Man, Superman…) ou encore d’une série télé culte (Star Trek : Into Darkness), c’est au tour de Guillermo Del Toro de planter son arbre avec Pacific Rim.

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En 2020, l’humanité doit faire face à une terrible menace venue des profondeurs : les Kaijus. Ces horribles monstres marins détruisent tout sur leur passage et rien ne semble pouvoir les arrêter. Pour leur faire face, de gigantesques robots de combat sont créés, les Jaggers. Ils ont la particularité d’être contrôlés par deux pilotes reliés et même, connectés, ensemble. La symbiose mentale entre les deux doit donc être totale…

C’est la belle trouvaille du film : l’idée qu’ensemble, on peut vaincre tous les dangers… On oublie les vieilles querelles pour se concentrer sur l’essentiel… Oui mais c’est tout !

On tombe très vite dans tous les écueils du genre. Le héros, Raleigh Becket (Charlie Hunnam). Avec son frère, il formait évidemment, le meilleur duo de pilotes de Jaggers de toute la galaxie ! « Formait » parce qu’évidemment, il le perd tragiquement au combat…

Nous voilà reparti pour le couplet du héros brisé qui puisera finalement dans sa douleur la force de sauver l’humanité dans son entier ! Bon c’est vrai, on pousse le bouchon un peu… Mais tout juste ! La preuve, le supérieur de Raleigh le retrouve parce qu’il n’y a QUE lui qui peut vaincre les Kaijus !

Ensuite ? C’est simple, on met le paquet sur les effets spéciaux ! Les combats sont nombreux, impressionnants mais bien trop répétitifs… Une fois encore, on sature l’écran d’un feu d’artifice visuel pour détourner l’attention du spectateur et lui faire oublier le vide sidéral du scénario…

Mais les ordinateurs les plus perfectionnés du monde ne peuvent rien face au non jeu proposé par les acteurs. Même Idris Elba se sent obligé de pousser au maximum la caricature du militaire en apparence ultra rigide mais finalement super sympa…

Côté seconds rôles, On nous resert aussi une fois encore la partition des scientifiques géniaux mais bien allumés qui ne sont que de pâles imitations du Dr Emmett Brown de Retour vers le Futur (1985)…

Enfin le duo Charlie Hunnam/Rinko Kikuchi ne fonctionne pas et la dimension amoureuse qu’il est censé incarner reste inexistante (plus platonique, tu meurs !).

Guillermo Del Toro se contente d’un obscur mélange entre Transformers (2007) et Godzilla (1998) avec un soupçon de Guerre des Mondes (2005) pour le coup de la menace souterraine…

C’est insipide, pour ne pas dire, écœurant tant l’impression de déjà-vu est permanente… On a même droit à la séquence « arts martiaux » lors de la sélection de la nouvelle partenaire de Becket, récupération flagrante et honteuse de la leçon de Kung-Fu de Morpheus dans Matrix (1999) !

Le cinéma de masse est malade… Il n’a d’yeux que pour le Dieu numérique. Mais ce dernier ne suffira pas, à lui seul, à attirer toujours plus de fidèles dans les salles… Il serait temps que les grands studios s’en rendent compte avant qu’il ne soit trop tard. En attendant, Pacific Rim… A rien.

La note d’Etats Critiques : 4/10

PACIFIC RIM

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Science-Fiction. Etats-Unis. Réal : Guillermo Del Toro. Avec Idris Elba, Charlie Hunnam, Rinko Kikuchi.

Des monstres surgissent des flots et menacent l’existence même de l’humanité. Des pilotes d’élites à bords de robots géants sont alors chargés de les affronter pour protéger les populations. Mais la lutte est de plus en plus difficile et seuls Raleigh Becket et sa complice Mako Mori semblent en mesure de les vaincre…

SORTIE LE 17 JUILLET 2013

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