Annoncé comme le film le phénomène de cette fin d’année et auteur du meilleur démarrage de l’histoire du cinéma américain (devant Avatar, excusez du peu !), Gravity arrive enfin dans notre orbite… 5… 4… 3… 2… 1… Décollage !

Gravity

Les lumières s’éteignent… Écran noir. Un petit paragraphe s’affiche. Il nous explique en quelques mots, les caractéristiques du vide spatial : en clair, pas d’air, température largement en dessous de zéro, toute vie est impossible.

Ce message sinistre annonce la couleur : le voyage spatial que nous propose Alfonso Cuarón ne sera pas de tout repos. La Terre apparaît alors, dans toute sa beauté bleutée. On entend sur la gauche, des astronautes dialoguer par radio. Progressivement, la navette entre dans le cadre, sur la droite. D’abord minuscule, elle prend forme à mesure qu’elle se rapproche de nous. C’est parti pour une heure et demie inoubliable dans le vide sidéral.

Pourtant, à première vue, on pourrait trouver le scénario léger voire basique : Ryan Stone (Sandra Bullock), une brillante experte en ingénierie médicale effectue une première sortie dans l’espace aux côtés de Matt Kowalsky (George Clooney), astronaute chevronné qui effectue, lui, son dernier voyage avant une retraite bien méritée.

Vous le voyez, rien de bien sorcier ! Et pourtant… La sensation d’apesanteur est saisissante ! Les personnages flottent littéralement devant la caméra qui, elle-même, semble libérer de toute pesanteur, se baladant librement d’un personnage à l’autre selon les points de vue choisis par le réalisateur. On note notamment ce plan hallucinant où elle passe dans le casque du Dr Ryan avant de ressortir le plus naturellement du monde ! On oublie que tout cela a été tourné dans un décor totalement virtuel tant l’impression de réalisme est forte… Disons-le clairement : c’est du jamais vu !

Le réalisateur mexicain nous prend par la main, ou plus exactement, nous happe et ne nous lâche plus pendant 90 minutes. On guette chaque péripétie avec angoisse, fasciné, sans pouvoir décrocher un seul instant de l’écran. La 3D renforce le sentiment d’immersion grâce à des petits détails discrets mais bien trouvés (nombreux plans en caméra subjective ou encore ce moment où George Clooney rattrape in extremis un boulon filant vers nous…).

Mais malheureusement, le pilote Cuarón est aussi victime de quelques erreurs de trajectoire : les « questions existantielles » du Dr Ryan (elle a perdu un enfant) nous font manquer d’oxygène et le film tombe alors dans un pathos inutile. Dommage. Heureusement, ça ne dure pas très longtemps.

Autre petit bémol, la musique.

Sans doute un peu trop présente, Cuarón aurait gagné à jouer davantage sur le silence impressionnant d’un tel environnement comme l’avait fait, en son temps, Kubrick dans 2001 : l’odyssée de l’espace (1968).

Mais ces petites fautes ne sont rien, tant Gravity reste une œuvre vertigineuse, démente, ébouriffante et incroyablement sensorielle. Elle fera date. C’est le soldat Ryan de l’Espace. On ne pourra plus le montrer autrement au cinéma désormais. Prêts pour la mission ?

La note d’Etats Critiques : 8,5/10

Gravity

Gravity2

Science-Fiction. Etats-Unis. Réal : Alfonso Cuarón. Avec Sandra Bullock, Georges Clooney.

Le docteur Ryan Stone effectue son premier voyage spatial aux côtés de l’astronaute expérimenté Matt Kowalsky. Alors que tout semble bien se dérouler, les choses se compliquent brusquement…

 

 

SORTIE LE 23 OCTOBRE 2013

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