On dit trop souvent que rien ne va plus dans ce pays, qu’on paie trop ceci ou trop cela… En matière de cinéma, c’est à peu près pareil : nos films sont médiocres et nos vedettes trop payées (coucou Vincent Maraval !), ce qui n’est pas totalement faux !

Un secteur fonctionne bien cependant : l’animation.

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Depuis le pionnier Paul Grimault (Le Roi Et L’Oiseau (1979)), en passant par Michel Ocelot (Monsieur Kirikou) ou encore l’école des Gobelins à Paris, notre beau pays a développé un vrai talent en matière d’animation. Pour preuve, nos amis américains ne s’y sont pas trompés en nous confiant dernièrement la réalisation des gros succès Moi Moche Et Méchant 1 et 2 en 2010 et 2013.

Mais arrêtons là, la leçon d’histoire et concentrons-nous sur le film du jour : direction le parc du Mercantour pour un duel au sommet : fourmis noires contre fourmis rouges. La récompense ? Une énorme boîte de sucre abandonnée en catastrophe par un jeune couple dont la femme est sur le point d’accoucher.

Chose importante, c’est la seule fois que nous verrons notre espèce représentée à l’image. Les véritables stars du film possèdent des antennes et ne parlent pas ! Sacré pari… Réussi !

Comme quoi, les longs discours ne sont pas forcément indispensables à la progression d’une histoire. Les réalisateurs ont choisi de ne pas faire appel à des comédiens pour prêter leur voix aux personnages. Ces derniers s’expriment uniquement par des cris aux intonations différentes suivant les émotions exprimées. C’est culotté mais on adore !

Autre choix détonnant : placer l’animation des décors réels. Les personnages sont ajoutés dans les prises de vues tournées au préalable, sans doute pour répondre en premier lieu à des impératifs économiques (n’est pas Pixar qui veut…). Loin d’handicaper le film cela lui donne un cachet surprenant et rarement vu dans ce domaine. On assiste à un Microcosmos (1996) version thriller véritablement enthousiasmant avec du suspense, de l’action, de l’humour et même… De l’amour !

Seul petit accroc pour ce merveilleux petit bijou : le jeu d’acteurs plus que moyen de nos congénères humains… Mais c’est un détail insignifiant ! Le film en revanche, ne l’est pas.

Emmenez-y vite vos enfants et si vous n’en avez pas, courez-y car c’est simple : Minuscule et une oeuvre MAJUSCULE.

La note d’Etats Critiques : 9/10

Minuscule : La vallée des fourmis perdues

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Animation. France. Réal : Hélène Giraud, Thomas Szab

Une coccinelle égarée se retrouve dans une boîte de sucre, relique d’un pique-nique passé. Malheureusement pour elle, cette même boîte est convoitée par deux clans de fourmis rivales, les rouges et les noires. La coccinelle va se lier d’amitié avec l’une d’entre elles et livrer une guerre sans merci contre leurs ennemies, les fourmis rouges…

SORTI DEPUIS LE 29 JANVIER 2014

source article de Vincent Maraval : lemonde.fr

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