Le réalisateur allemand francophile Volker Schlöndorff met en scène dans son nouveau film André Dussollier et le tout récemment césarisé Niels Arestrup dans une négociation vitale pour l’avenir de Paris tandis que les troupes alliées avancent inexorablement…

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Du théâtre au cinéma, il n’y a parfois qu’un pas… Qui est franchi ici : le film est en effet l’adaptation de la pièce éponyme signée Cyril Gély. Les deux acteurs principaux retrouvent d’ailleurs les personnages qu’ils ont déjà incarnés à l’occasion de plus de 200 représentations !

 

Ils évoluent donc en terrain connu et cela se voit à l’écran. Chacun joue sa partition avec aisance et justesse, même si Dussollier est un peu retrait. Du côté de son camarade de jeu, rien à signaler, c’est parfait !

Ses facilités dans la langue de Goethe lui donnent une vraie crédibilité dans le rôle du Général Dietrich Von Cholitz alors qu’il aurait été facile pour ne pas dire fainéant d’adopter un accent allemand caricatural… Il en impose. André Dussollier a d’ailleurs par moments un peu de mal à soutenir la comparaison, heureusement les quelques bons mots sur Napoléon III lui permettent de rester en selle.

Globalement, le réalisateur du Tambour (Palme d’Or 1979) baigne leurs échanges dans un clair-obscur de toute beauté sans basculer dans le trop plein de solennité. Sa mise en scène sobre mise avec raison davantage sur l’atmosphère que le spectaculaire. C’est un Paris brûle-t-il ? (1966) intimiste.

Il y a bien quelques scènes de fusillades, des échos d’explosions ici ou là, mais ce n’est pas l’essentiel. La joute ici n’est pas militaire, elle est argumentaire : le diplomate suédois Nordling (André Dussollier) doit convaincre le Général Von Cholitz de ne pas détruire Paris.

On sent toute l’amour du cinéaste pour la capitale française qui transparait dans le discours de Nordling, parisien de naissance, Volker Schlöndorff ayant lui-même vécu à Paris durant son adolescence.

On reprochera quand même à cette belle réussite de trop présenter Cholitz comme le sauveur de Paris… Rien ne permet d’affirmer en effet que les discussions présentées puissent avoir permis d’éviter la destruction de Paris. Mais cela est un autre débat…

Cette dernière petite réserve mise à part, Diplomatie reste un beau moment de cinéma romanesque, chaudement recommandé.

La note d’Etats Critiques : 8/10

Diplomatie.

Diplo

Drame historique. France, Allemagne. Réal : Volker Schlöndorff. Avec Niels Arestrup, André Dussollier, Burghart Klaußner.

Nuit de 24 au 25 août 1944. Le diplomate Raoul Nordling s’invite dans les appartements du Général Von Cholitz pour tenter de le convaincre de ne pas détruire Paris… 

SORTI DEPUIS LE 05 MARS 2014.

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