Ce titre un poil provoc’ est une fausse information bien entendu ! Mais toute de même… C’est un peu l’impression que l’on a en sortant de la projection de 3 Days to Kill. Oyé, oyé chers lecteurs ! C’est le printemps et quoi de mieux pour fêter l’évènement que se rendre dans votre cinéma préféré pour admirer la dernière création Besson ? Proposition idiote ? Oui, on vous l’accorde : Taken n’est pas vraiment ce que l’on pourrait appelé du Grand Cinéma…

Mais là, il y a Kevin Costner ! Accordons donc au cinéaste producteur français le bénéfice du doute, ne serait-ce que pour avoir le plaisir de voir l’éternel Prince des Voleurs, déambuler dans Paris…

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Il y a des jours où le métier de critique est difficile : non pas parce que votre serviteur rédige ses chroniques bénévolement, non ! Quoique… Mais surtout parce qu’il est parfois difficile d’avoir un avis tranché sur un film…

3 Days to Kill a tous les défauts : scénario ultra convenu qui cherche une vaine profondeur avec la maladie de son héros, scènes d’action ratées, séquences « émotions » qui font davantage rire que pleurer (Ethan apprenant le vélo à sa fille adolescente… Grands dieux, non !)…

Oui mais voilà, Kevin est bon ! Il fait le boulot et il le fait bien dans ce deux jours à tuer (2008) version flingues avec une journée en plus ( le budget plus important sans doute !). On croit vraiment à son personnage d’espion mourant, tentant de rattraper le temps perdu avec sa fille qu’il a à peine connu…

Le problème c’est qu’il est bien seul ! Disons-le franchement : la seule actrice à son niveau dans ce film est… La Peugeot RCZ !

Tout simplement parce que la jeune Hailee Steinfeld (héroïne du western True Grit (2010) est en service minimum dans son rôle d’ado en crise et de son côté, Amber Heard l’atout charme du film, nous fait quelques coucous en passant histoire de justifier son salaire, assurément aussi impressionnant que la Peugeot…

Seule, la présence de Marc Andreoni (le psy de Caméra Café) qui se défend bien face à Costner nous réveille un peu mais c’est insuffisant sur la durée.

En vérité, le film n’est rien d’autre qu’un long spot à la gloire à la marque au Lion… Luc Besson d’ailleurs ne s’y trompe pas en embauchant l’Américain McG à la réalisation, plus connu pour ses clips vidéos que pour sa contribution décisive au septième art…

On se surprend malgré tout à être déçu encore… Alors qu’il n’y a pas de raison ! 3 Days to Kill s’inscrit dans la continuité des « créations » des studios Europa Corp. Des films d’action « clé en main » qui finissent, au mieux, par se répéter au pire, par s’auto parodier…

Ce n’est pas et ça ne sera jamais du cinéma avec un Grand C, on le sait. Alors, pourquoi cette déception ?

Parce que, malgré tout, un espoir fou nous anime même si on ne veut pas se l’avouer : on espère retrouver le Besson d’avant au détour d’un plan, celui qui nous faisait frissonner, rêver grâce des scénarios soignés et une extraordinaire créativité visuelle (Le 5e élément (1997)), bien loin de ses œuvres postérieures, mollassonnes et sans intérêts (comme Adèle Blanc-Sec (2010), pour ne citer qu’elle…).

3 Days to Kill démontre une fois encore que le producteur de films industriels a pris le pas sur le cinéaste génial… On peut le déplorer mais les chiffres lui donnent raison (Taken 1 et 2 ont cartonné). Pas sûr que ce soit le cas pour celui-là cependant.

La note d’Etats Critiques : 2/10

3 Days to Kill.

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Action. France, Etats-Unis. Réal : McG. Avec Kevin Costner, Amber Heard, Marc Andreoni.

Le très efficace agent secret Ethan Renner se retire après qu’on lui ait diagnostiqué un cancer du cerveau. Il débarque à Paris pour retrouver sa fille qu’il n’a pas vu depuis dix ans et tente de renouer avec elle. Mais son passé le rattrape : une collègue, Vivi Delay, lui impose une dernière mission en échange d’un traitement révolutionnaire qui pourrait le sauver… 

SORTI DEPUIS LE 19 MARS 2014.

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