Les enfants de la Génération Y, à laquelle votre serviteur a le plaisir d’appartenir, se souviennent avec émotion du la série animée des années 80-90 qui mettaient en scène des tortues vraiment cools !

Une première trilogie cinématographique avait vu le jour dans la foulée du dessin animé mais sans réussir à convaincre les fans… Il faut dire que la qualité n’était pas vraiment au rendez-vous…  

Vingt ans plus tard, la Paramount relance la franchise et propulse nos tortues préférées à l’ère du numérique…

TEENAGE MUTANT NINJA TURTLES

Le septième art vit actuellement un âge d’or en termes d’effets spéciaux : les possibilités offertes aux réalisateurs par les ordinateurs sont quasi infinies… Pour peu qu’on y mette les moyens, évidemment !

C’est donc au tour des célèbres Tortues Ninjas d’en profiter ! Et avec la Paramount derrière ce nouveau départ, on se dit que l’on peut dormir  tranquille de ce côté-là… Effectivement, notre sommeil reste très paisible puisque les 4 tortues sont réussies, elles paraissent réelles, la motion capture a fait des progrès considérables et fonctionne à merveille.

En plus, Jonathan Liebesman, le réalisateur, a l’intelligence de ménager le suspens en ne dévoilant pas immédiatement les quatre frères à carapace…

Hélas, ce sont là les 2 seules qualités du film…

Dès le générique animé en hommage à la série originale, on sent la catastrophe arriver : les origines des tortues sont présentées à la va-vite. Mauvais présage… Qui ne fait que se confirmer par la suite, malheureusement.

Le scénario doit être sponsorisé par Orange, Bouygues Telecom ou Free tant il est téléphoné !

On voit tout arriver à l’avance : Eric Saks (William Fichtner), le généreux donateur, trop gentil pour être honnête ou encore April O’Neal qui n’est autre que la petite fille qui a sauvé les tortues et Splinter (Danny Woodburn) après l’explosion du labo etc… Notons au passage un anachronisme coupable : elle utilise un caméscope numérique bluetooth en… 1999 !

Les acteurs semblent se demander ce qu’ils sont venus faire dans cette galère…

On a presque envie de rire en voyant la belle Megan Fox  tenter de prouver l’existence des 4 tortues ninjas à des collègues sceptiques. Whoopi Goldberg, sa rédactrice en chef dans le film (qu’on retrouve d’ailleurs avec plaisir), a du mal a retenir ses muscles zygomatiques dans ses scènes dialoguées.

Les personnages sont totalement désincarnés, sans substance, on reste simple spectateur, sans jamais rentrer dans l’histoire…

Les fans de la série animée regretteront aussi l’absence de Krang, le supérieur de Shredder, un cerveau maléfique qui se déplace dans un robot humanoïde. Par conséquent, Shredder profite pleinement du poste de Super Méchant laissé vacant. Il devient alors un samouraï en amure plus ridicule qu’effrayant…

Pour revenir à nos tortues, elle sont visuellement parfaites mais leur côté « teenage », adolescent, ne les rend pas vraiment attachantes…

Même l’humour ne rattrape pas les errances du scénario et du casting. C’est tout juste s’il nous arrache un sourire navré par moments  (le coup de la pizza aux 99 fromages est pathétique…).

Enfin, le film souffre surtout de gros problèmes de rythme. C’est poussif la plupart du temps, avant de brusquement s’accélérer dans la dernière demi-heure avec des scènes d’action mal réalisées à grand renfort de gros plans : on ne sait plus où regarder et nos pupilles ne tardent pas à fatiguer (même en 2D !)…

Un joli retour manqué pour les Tortues Ninjas que nous avons tant aimé…

Ce nouveau film n’est au final qu’un produit maketing formaté pour plaire à un jeune public avec pour seule « ambition artistique » de faire fonctionner la machine à cash…

Le mieux est donc de rentrer la tête dans nos carapaces en attendant des jours meilleurs…

La note d’Etats Critiques : 4/10

Ninjas Turtles.

GT Master bill.type

Action, aventure. Etats-Unis. Réal : Jonathan Liebesman.  Avec : Megan Fox, Will Arnett, William Fichtner. 

Quatre Tortues Ninjas tentent d’empêcher le terrible Shredder de mettre la main sur New-York. Ils peuvent compter sur le soutien de la belle et intrépide journaliste April O’Neal.  

Sorti depuis le 15 octobre 2014. 

Publicités