Pierce Brosnan revient cette semaine dans The November Man et c’est un petit événement : il renoue en effet avec l’espionnage, genre qui a fait sa gloire (Goldeneye (1995), inoubliable !) mais aussi sa décadence (Meurs un autre jour (2002), nettement plus oubliable…). Mais peu importe, on l’aime toujours ! Précipitons-nous vite dans les salles, humer le délicieux parfum des années 90…

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…Qui est toujours là ! L’acteur irlandais assure toujours autant douze après avoir rangé au placard son matricule 007. On est ravis, émus presque de le revoir à l’oeuvre, c’est la madeleine de Proust de la génération ayant grandi dans les années 90 !  Le souvenir est d’autan plus vivace qu’on retrouve Olga Kurylenko (elle-même ex James Bond Girl dans le catastrophique Quantum of Solace (2008), préférez largement Casino Royale (2006) ou Skyfall (2012))

Il y a tout de même une différence avec autrefois : la saga Jason Bourne est passé par là et a bouleversé les codes depuis… C’est d’ailleurs un peu à cause d’elle que Brosnan-Bond a dû céder sa place à Daniel Craig en 2006, comme il l’explique très bien dans une interview accordée à un célèbre site d’actualité cinéma.

Fini donc les gadgets, le second degré, place à une mise en scène plus réaliste (encore que…) et à des personnages plus humains (Peter Devereaux a un passé mystérieux).

Roger Donaldson (qui retrouve Brosnan dix sept ans après Le Pic de Dante) a choisi de réaliser les scènes d’action à l’ancienne, sans recours au numérique sans doute pour plus de réalisme mais surtout pour pas cher en Bulgarie  (le romantisme a ses limites…) ! Cela donne un film efficace mais sans surprises…

En effet, une fois la madeleine de Proust dégustée, savourée, il ne reste que des miettes, des miettes plutôt jolies certes, quand on pense à la belle Olga (heureusement gratifiée d’un personnage plutôt consistant), mais des miettes quand même… L’intrigue est aussi télécommandée que le drone utilisé au début du film.

Tout les poncifs du genre sont là (fausses identités, double jeu, scène d’amour torride…), sans compter les nombreuses invraisemblances qui mettent à mal le réalisme voulu par le réalisateur (coups de feu dans un hôtel qui n’alertent personne, Alice et Peter qui reviennent sur son lieu de travail sans être inquiétés…).

On devine tout à l’avance et l’ennui s’invite sur le siège d’à côté pour peu que la salle soit presque vide…

Moralité : La faible affluence  est souvent un bon indicateur de la toute aussi faible qualité d’un film…

Malgré tout, on sort avec la satisfaction de voir que Brosnan a toujours autant la classe en dépit des années qui passent. Il faudra juste trouver une meilleure histoire pour la prochaine fois car, si James Bond n’est pas mort, le scénario, si !

La note d’Etats Critiques : 5/10

 

The November Man.

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Espionnage. Etats-Unis. Réal : Roger Donaldson. Avec : Pierce Brosnan, Olga Kurylenko, Luke Bracey.

 

Peter Devereaux un agent de la CIA à la retraite, est réactivé pour exfiltrer sa femme  de Russie parce qu’elle détient des informations compromettantes sur un des favoris à la présidentielle. Mais une fois sur place, les évènements dérapent et il se retrouve traqué par David Mason, un jeune agent qu’il a lui-même formé…  

Sorti depuis le 29 octobre 2014. 

source image : imdb.com / affiche : allocine.fr.

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