Deux mois après Astérix, un nouveau film d’animation made in France nous est proposé. Direction cette fois, la Chine Impériale où nous partons à la découverte de la légende des 108 rois-démons… Programme d’autant plus alléchant que nous restons sur l’excellent souvenir laissé par Minuscule, il y a presque un an déjà… Malheureusement, ce bel état d’esprit qui nous habite au moment d’entrer dans la salle, ne va pas durer…

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Dès les premières minutes, le malaise s’installe… L’animation est mauvaise. Seuls les personnages sont en 3D. Ils se meuvent sur des décors en aquarelle.

Cela pourrait fonctionner, après tout, l’animation ne se résume pas au petits bijoux visuels de Pixar ! Minuscule (2014) que nous évoquions en introduction n’avait pas à rougir face au géant américain grâce à un parti pris audacieux, à savoir une animation des personnages sur des décors réels.

Oui mais cela… C’était avant ! Dans 108 Rois-démons, Les personnages sont gauches et patauds !

Les expressions des visages sont saccadées, on a l’impression de regarder une vidéo sur YouTube avec une mauvaise connexion internet… Même les plans en prises de vues réelles sont tout bonnement ridicules… L’armée ninja nous fait éclater de rire involontairement et les scènes de combats sont montrées en deux ou trois plans sans qu’on puisse en profiter !

Dans ce genre de situation, on se console souvent en se focalisant sur l’histoire : qu’importe la forme, pourvu qu’on est le fond ! Malheureusement ici, on a ni l’un, ni l’autre. En effet, l’histoire d’un usurpateur qui tue l’Empereur pour prendre sa place, tout veillant à éliminer l’héritier, c’est du déjà-vu cinq cent fois…

Du coup, on attend la fin en se disant que la Chine impériale a bien mauvaise mine sur l’écran et que la confiance aveugle du début est  parfois mauvaise conseillère…

Le problème est que la 3D nécessite des moyens et quand on n’en a pas… Cela se voit ! Alors, on utilise des subterfuges (décors en aquarelle, prises de vues réelles…)  qui passeront, à coup sûr, aux yeux d’une partie de la critique désireuse de dédaigner les mastodontes américains, comme de « très belles trouvailles visuelles »…

Désolé de l’écrire, mais la vérité est beaucoup moins romantique ! On aboutit simplement ici à un gloubi-boulga qui, certes, aurait sans doute ravi ce bon vieux Casimir mais qui, dans ce contexte, est juste très pénible à regarder…

Bien sûr, il est inutile de préciser que nous autres pauvres Français ne jouons pas dans la même cours que  les fameux mastodontes d’outre-atlantique…

Mais il y a peut-être un juste milieu à trouver, non ?

Minuscule (2014) l’a trouvé, Alexandre Astier l’a trouvé aussi avec son Astérix (2014).

Rien n’empêche également de revenir à une animation plus traditionnelle à la façon d’un Michel Ocelot avec ses films Kirikou par exemple.

Gageons donc que 108 rois-démons ne soit qu’un incident de parcours dans la belle histoire des productions animées à la française…

La note d’Etats Critiques : 4/10

Les 108 rois-démons.

roisdémons2

Animation. France, Belgique, Luxembourg. Réal : Pascal Morelli.

 Au XIIe dans la Chine médiévale, l’Empereur est assassiné… Son héritier est trop jeune  pour régner et il doit, en plus, s’enfuir après avoir été sauvé in extremis d’un empoisonnement par Zhang-le-Parfait… 

Sorti depuis le 21 janvier 2015. 

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