Cette semaine est marquée par le retour d’un cinéaste rare, qui sait prendre son temps pour produire ses films et nous offrir de très beaux moments de cinéma sous le signe de l’évasion et de l’émotion. Dans Le Dernier Loup, il nous embarque cette année pour un voyage dans les steppes de Mongolie… 

LOUP

S’il y a un cinéaste qui sait mettre en scène les animaux, c’est bien Jean-Jacques Annaud. Après les ours et les tigres, il filme les loups dans les steppes de Mongolie pour adapter un best-seller de la littérature chinoise, le Totem du Loup publié en 2004.

On nous y raconte l’histoire de Chen Zen, un jeune étudiant pékinois envoyé en Mongolie par le pouvoir central pour apporter l’instruction aux populations. Dès le premier plan, on retrouve avec bonheur tout le sens de l’image d’Annaud. Un loup apparaît en haut de la montagne, à côté d’une pleine lune magnifique…

Il filme merveilleusement les magnifiques steppes mongoles où évoluent Chen Zen et son compagnon de route Yang Ke (Shawn Dou). Au bout de six mois, le jeune homme se découvre une passion pour les loups avec qui les habitants ont appris à vivre en harmonie. A l’occasion d’une scène de chasse joliment montée, le sage Biig explique à Chen comment les loups développent l’art de la patience pour mieux atteindre leurs objectifs.

On découvre en même temps que le jeune homme des animaux intelligents et absolument fascinants. Jean-Jacques les traite comme des acteurs et réussit a faire passer des émotions en se concentrant sur les regards grâce à des gros plans savamment utilisés.

On admire le dressage d’Andrew Simpson qui a permis la réalisation de séquences épiques comme l’attaque d’un troupeau de chevaux destiné à l’armée par la meute en pleine tempête de neige. On est saisi par l’ampleur de l’événement grâce à des plans aériens très impressionnants grâce à l’utilisation de drones*.

Mais, au delà de cette grande beauté visuelle, le film nous fait prendre conscience grâce à la sagesse mongole de l’importance de la préservation de l’équilibre naturel sans lequel les espèces sont menacées. Il éveille en nous une conscience écologique qui est souvent présente mais qui s’éteint tout aussi souvent… Rien ne vaut donc une piqûre de rappel grandiose.

Il nous rappelle surtout la tendance des hommes à en vouloir toujours plus au mépris de leur environnement et des créatures qui l’entourent. Ce mépris est symbolisé par  Bao Shungi (Yin Shungsen), un méchant qu’on adore détester, vous verrez.

Étonnant d’ailleurs que la censure chinoise n’ait trouvé rien à redire (le film est une production sino-française) ou si peu, tant Jean-Jacques Annaud dépeint au travers de ce personnage un régime autoritaire qui veut imposer sa langue et sa façon de vivre aux Mongols.

Ils sont considérés comme arriérés et le jeune Chen est là pour les amener vers l’éducation. Mais en réalité, c’est le professeur qui a le plus à apprendre. Les plus arriérés ne sont pas forcément ceux que l’on croit…

Malgré ces qualités indéniables, le film a quelques défauts mineurs qui gâchent un peu le plaisir. On pense essentiellement aux effets numériques qui sont maladroits et se voient un peu trop (fonds verts, tempête de neige).

Mais le voyage n’en reste pas moins passionnant et mené de main de maître par le capitaine Annaud, pas loin de son meilleur, à n’en pas douter.

La note d’Etats Critiques : 8,5/10

Le Dernier Loup.

Loup2

Aventure. France, Chine. Réal : Jean-Jacques Annaud. Avec Feng Shaofeng, Shawn Dou, Ankhnyam Ragchaa. 

 A la fin des années 60, un jeune étudiant chinois est envoyé en Mangolie pour instruire ses habitants. Une fois sur place, il découvre un mode de vie en harmonie avec la nature et surtout, les loups…

Sorti depuis le 25 février 2015. 

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