Aujourd’hui, on poursuit dans la thématique « premier film » : après Jamel Debbouze, c’est Russell Crowe qui choisit de passer à son tour derrière la caméra pour filmer la quête désespérée d’un père entre l’Australie et l’actuelle Turquie… Tâchons de voir si cette première tentative est une réussite…

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Réaliser un premier film n’est jamais facile, mais cela l’est peut-être un peu plus quand on s’appelle Russell Crowe. C’est d’ailleurs la raison principale qui a poussé votre serviteur a pousser la porte de la salle de projection à la découverte d’une histoire poignante : Joshua Connor (Russell Crowe donc, devant et derrière la caméra) quitte son Australie natale en 1919 pour partir à la recherche de ses trois fils, présumés morts lors de la terrible bataille des Dardanelles à Gallipoli.

Les cinéphiles avisés que nous sommes pensent tout de suite à la mission où Tom Hanks doit avec ses hommes tenter de ramener le dernier des fils Ryan devant les caméras de Spielberg, dans un film qu’on ne présente plus. Ici, c’est un peu la même chose, la dimension filiale en plus, mais avec la différence notable que la recherche se déroule après la fin des hostilités…

Pour son premier film Russell a une première bonne idée : filmer la guerre « à hauteur d’homme ». Il sait qu’il lui est impossible de rivaliser avec le réalisme impressionnant d’un Spielberg. Solution :  filmer ses protagonistes en plan moyen pour réduire le champ et ne pas avoir à employer des effets visuels trop importants (et trop coûteux !).

Expliquée de cette façon, cette première idée apparaît plutôt mauvaise que bonne… Sauf quand l’inconvénient se transforme en avantage ! Rapprocher la caméra permet aussi de développer une proximité, une empathie avec les personnages.

Deuxième bonne idée : le travelling arrière sur la femme de Joshua pour témoigner de sa terrible solitude qui l’accable depuis le départ de ses enfants, solitude qui la plonge dans la folie…

Troisième bonne idée enfin : le choix d’Olga Kurylenko. Son jeu de séduction inavoué avec Joshua est touchant. Une partie d’elle-même attend le retour de son mari du front, telle Pénélope attendant Ulysse, tout en résistant aux désirs du frère de son époux qui la presse en véritable opportuniste de devenir sa femme.

Malheureusement, un premier film est rarement exempt de défauts.

Pour commencer, évoquons le problème le plus criant : le rythme. Russell Crowe peine à bien articuler son récit dont les longueurs affaiblissent notre enthousiasme pour sa quête légitime. La construction est un peu bancale, Joshua essuie les refus mous des militaires mais parvient à ses fins sans que l’on sache toujours comment…

On s’ennuie un peu par moments. Heureusement, les flashbacks de la bataille nous réveillent. Mais les combats dans la tranchée auraient gagné à être plus immersifs et plus angoissants, peut-être en jouant sur une ambiance plus sombre.

Plus généralement, la mise en scène est peu trop académique, on sent l’élève appliqué qui tente de mettre en oeuvre les techniques qu’il a pu observer lors de ses tournages. Il agrémente le tout d’effets de style un peu maladroits comme des séquences au ralenti qui n’apportent pas grand-chose.

 Malgré cela, cette première tentative de réalisation pour Crowe est très encourageante. Les paysages turcs et australiens sont magnifiquement filmés. On découvre aussi des personnages attachants (le petit Orhan, le commandant Hasan).

Saluons enfin son choix de mettre en scène un événement de la Première Guerre Mondiale assez méconnu sous nos contrées. En effet, la Grande Guerre se résume surtout, pour nous autres Français à un face à face contre l’Allemagne.

La note d’Etats Critiques : 7/10 

La Promesse d’une vie (titre original : The Water Diviner).

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Drame, guerre. Australie, Turquie, Etats-Unis. Réal : Russell Crowe.

Avec Russell Crowe, Olga Kurylenko,  Yılmaz Erdoğan.

 Joshua Connor part à la recherche de ses trois fils, combattants de l’armée australienne, portés disparus en 1915 pendant la bataille des Dardanelles… 

Sorti depuis le 15 avril 2015. 

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