Ce nouveau week-end prolongé de mai nous permet de découvrir ou de redécouvrir le premier film d’Andrew Niccol, sorti en 1997 et devenu un classique de la science-fiction : Bienvenue à Gattaca. Un apéritif de choix avant le retour tant attendu de Mad Max… 

gattaca

 « Jerome Morrow, navigateur 1ère classe est sur le point d’embarquer pour une mission d’un an sur Titan, la 14e lune de Saturne. A peine né, il était programmé pour cette mission de prestige. Il a tous les dons requis. Un quotient génétique inégalable. Il n’y a rien d’étonnant à la progression de Jerome Morrow… Excepté que je ne suis pas Jerome Morrow ».

Comment ne pas être emballé par cette dernière phrase qui vient casser un tableau de prime abord, sans accro ! Andrew Niccol invente l’usurpation d’identité à l’ère du gène tout puissant. Bienvenue à Gattaca.

Bienvenue dans un monde où la science occupe une place prépondérante question reproduction. Grâce à elle les futurs parents peuvent choisir l’apparence de leur enfant qui sera sans défaut, débarrassé de tout risque de maladie ou de mort précoce…

Cette méthode est entrée dans les mœurs au point de devenir « naturelle » pour tout couple souhaitant fonder une famille. La science contrôle la nature à présent…

A tel point que les individus nés « à l’ancienne » sont décrédibilisés car trop « imparfaits » génétiquement. Ils en sont réduits à effectuer des tâches subalternes. La discrimination est justifiée scientifiquement désormais…

Vincent (Ethan Hawk) est de ceux-là. Elevé dans un sentiment de vulnérabilité permanente (il a un risque très élevé de maladie cardiaque, statistiquement), sa famille le surprotège et voit d’un très mauvais œil ses velléités de devenir astronaute. Son rêve est de parvenir à intégrer l’agence spatiale de Gattaca.

Mais comment faire quand on est un « dégénéré », une « tombola » ? Emprunter le capital génétique d’un autre. Grâce à Tony Shaloub (futur Monk dans la série bien connue), il entre en contact avec le vrai Jerome Morrow incarné par un jeune acteur britannique encore inconnu à l’époque, Jude Law.

Pour son premier film, Andrew Niccol a d’ailleurs la chance de profiter d’un casting prestigieux qui joue à merveille la partition qui lui a été confiée, on pense notamment à Uma Thurman ou encore Alan Arkin.  Chacun de ses personnages apporte sa spécificité qui nourrit et renforce son propos. Le cinéaste dépeint une société sclérosée par le déterminisme qui aliène l’individu en l’enfermant dans une existence définie par avance.

Son personnage Vincent, s’y oppose avec panache, prêt à prendre tous les risques pour atteindre son objectif. Bienvenue à Gattaca est une ode à la volonté.

Mais au delà de son message fort, ce film est une réussite formelle incontestable qui le rend toujours aussi actuel, 18 ans après sa création. Le manque de moyens a encouragé l’ingéniosité avec, par exemple, l’utilisation de bâtiments existant à l’architecture très contemporaine aux lignes très géométriques.

L’ensemble fourmille de dizaines d’autres petites trouvailles qui épousent à merveille l’esprit de l’univers créé, comme l’art de rendre visibles les traces biologiques du corps (poils, cheveux…) si dangereuses dans un monde qui ne les accepte plus… La séquence mystérieuse d’ouverture de la chute d’ongles et de poils en très gros plan et au ralenti donne magnifiquement le tempo…

Enfin, la dimension polar achève de compléter un récit à l’architecture parfaite qui n’a pas fini d’enchanter des générations de cinéphiles…

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