Ce mois de mai marque un retour auquel plus beaucoup de cinéphiles ne croyaient : Mad Max. Quelles nouvelles difficultés attendent le héros popularisé par Mel Gibson ? Seront-elles à la hauteur de l’immense attente des spectateurs ? Pour le savoir, attachez votre ceinture et faites rugir le V8… 

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30 ans après le dernier volet, George Miller choisit d’ouvrir un nouveau chapitre de Mad Max, sa célèbre saga pleine d’essence, de violence et de sang… Mais comment une oeuvre née de l’angoisse post choc pétrolier du manque de carburant peut-elle encore trouver un écho dans une époque où les esprits ont acté la fin des énergies fossiles ?

Tout simplement en déplaçant le centre de gravité du film. Miller opte non plus pour l’essence mais pour l’eau comme nerf de la guerre… C’est grâce à elle qu’Imortan Joe tient les habitants de la Citadelle sous sa coupe. Il contrôle l’écoulement de la gigantesque chute d’eau ornée de son blason où la population s’amasse pour s’abreuver tant bien que mal…

On est frappé par l’ampleur de la mise en scène. A l’instar d’Immortan Joe lorsqu’il libère l’eau, les producteurs de la Warner et consorts ont ouvert les vannes du budget ! L’ambiance assez minimaliste des premiers temps est loin. Le sublime désert de Namibie succède à la terre ocre australienne. Quoi de mieux qu’un tel décor pour filmer les vrombissants et extravagants bolides sortis tout droit des cylindres neuronaux de Miller !

En effet, pour notre plus grand bonheur, les fondamentaux ne sont pas oubliés, ils sont juste… Multipliés par 10, par 100, par 1 000 ! Le spectacle est ahurissant. Mad Max fait partie de ces films « sensoriels » qui nous procure des sensations fortes au-delà de la simple destinée des personnages présentés.

Rassurez-vous, on n’est pas en train de comparer un tel film à Fast & Furious qui n’est rien d’autre qu’un défilé décérébré de voitures défigurées sans intérêt !

Mad Max est bien plus que cela, donnant à voir ce qui se produit lorsque la survie prend le pas sur la vie… Plus question d’humanité, il faut rester vivant à n’importe quel prix ! C’est d’autant plus intense que la majorité des cascades ont été réalisé en prises de vues réelles.

Les effets numériques quand ils sont utilisés (car il y en a, n’en déplaise à une chaîne régionale bien connue !), le sont à bon escient conférant une dimension encore plus grandiose au film (la tempête de sable est saisissante).

La réalisation fait preuve d’une virtuosité rarement observée ces dernières années (les dernières en date étant Gravity (2013) ou encore Interstellar (2014) bien sûr !). Il est très appréciable de voir que le cinéaste ne se laisse pas déborder par cette (sur)abondance de moyens et qu’il la mette au service de sa vision.

Les événements s’enchaînent de façon très fluide, on est littéralement happé par la « furie » promise dans le titre…

Heureusement, George Miller nous octroie quelques moments plus calmes pour nous permettre de récupérer entre deux séquences haletantes ! On peut alors s’attarder davantage sur les personnages. Celui de Charlize Theron marque le plus : elle incarne la mystérieuse Furiosa et n’hésite pour l’occasion à jeter son image glamour par la fenêtre ouverte de la portière : crâne rasé, cambouis sur les yeux et bras amputé…

Elle tente d’emporter les épouses d’Imortan Joe loin de ses griffes avec le rêve de pouvoir atteindre la Terre Verte, telle Moïse guidant les siens vers la Terre Promise… On sait assez peu de choses sur son passé, George Miller préparerait le terrain pour un nouveau film centré elle… Toujours est-il qu’elle tente de fuir.

Certains critiques estiment que Fury Road n’est d’ailleurs qu’une longue fuite… Oui, un peu. Cet univers n’a jamais brillé par sa grande subtilité scénaristique. Mais il vaut mieux peu d’éléments diablement bien mis en scène, qu’une accumulation susceptible de perdre le spectateur.

Osons poser la question !

Qu’est-ce qu’on veut ? Voir encore un héros « a visage humain » comme on en voit des dizaines depuis la jurisprudence Dark Knight ? C’est bien mais la variété de traitement à aussi du bon. D’autant plus que, pour rassurer les grincheux, Mad Max lui-même a tout de même ses démons (d’étranges hallucinations qui préparent sans doute une suite là aussi…).

Ce qui nous amène enfin au principal protagoniste proprement dit. Tom Hardy succède à Mel Gibson dans ce rôle emblématique. Il faut un certain temps  pour accepter cette substitution mais une fois cela fait, on profite pleinement du spectacle et le nouveau venu relève le défi haut la main !

Son personnage un homme plein de rage qui subit les événements (il reste longtemps enchaîné) mais garde un soupçon d’humanité au fond du regard… Car tout n’est pas noir ! L’humour est aussi bien présent (le culte autour des moteurs V8, l’aquacola qui rappelle une célèbre boisson gazeuse, le rockeur enflammé perché sur un bolide…).

George Miller réactualise avec succès son univers sans y perdre son âme. Ce nouveau Mad Max est et restera l’une des plus grosses claques de l’année. Espérons simplement que l’on attendra pas trente ans avant le prochain épisode…

La note d’Etats Critiques : 8/10

Mad Max : Fury Road.

Mad Max FR2

Science-fiction. Australie, Etats-Unis. Réal : George Miller. Avec : Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult. 

Prisonnier de la Citadelle, Mad Max parvient à fuir et croise sur son chemin la belle Furiosa qui fuit elle aussi le terrible Immortan Joe…

Sorti depuis le 14 mai 2015.

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