Brad Bird est un réalisateur surtout connu pour son travail dans l’animation (Le Géant de Fer (1999), Les Indestructibles (2004)) que pour ses productions en prises de vues réelles.

Cependant, il a fait une première incursion plutôt réussie dans le cinéma traditionnel avec Mission Impossible – Protocole Fantôme en 2011. Il faut dire que cette saga est une des rares qui semble se bonifier à chaque nouvel épisode (en attendant le prochain en août…).

A la poursuite de demain constitue donc sa deuxième cape avec de vrais acteurs dont une star qui devrait l’aider à connaître le succès. Voyons si cela se confirme après le visionnage…

Disney's TOMORROWLANDCasey (Britt Robertson)Ph: Film Frame©Disney 2015

La star en question c’est George Clooney qui revient sur nos écrans avec un choix étonnant donc : la super production Disney.

Dans A la poursuite de demain, il incarne un inventeur déchu. Mais cela, on l’apprend plus tard. Pour l’heure, il s’adresse directement à nous, face caméra, pour tenter de nous expliquer les tenants et aboutissants de l’intrigue malgré les interruptions continuelles d’une jeune inconnue hors-champ.

Plutôt amusant comme début. L’amusement  se poursuit  avec la jeunesse de Frank Walker (le personnage de Clooney) et l’exposition de New-York de 1964, au cours de laquelle le jeune garçon tente de présenter un jetpack, sans grand succès, malheureusement. David Nix, (Hugh Laurie, très discret depuis la fin de Dr House) le responsable de l’exposition, n’est pas vraiment convaincu.

Seule la jeune Athena semble intéressée (Raffey Cassidy, véritable révélation du film). Elle lui donne un pin’s qui lui ouvre la porte d’un monde où l’imagination et l’innovation sont exclusivement au service de l’humanité.

Dans cet endroit futuriste et merveilleux, son jetpack fonctionne et lui permet de survoler à pleine vitesse la cité dans une séquence visuellement  très réussie qui donnera à coup sûr envie aux enfants de posséder un tel engin.

Quand vient le tour de Casey Newton (la jeune inconnue hors-champ du début), les effets spéciaux continuent de nous émerveiller. Lorsque Casey touche le pin’s elle est transportée dans cette magnifique cité mais les lieux gardent la disposition de l’endroit où elle se trouve réellement. Ainsi, étant en voiture avec père, elle touche le pin’s et traverse en un champ de blé, assise sur le vide !

Mais malgré la qualité des effets visuels, on n’accroche pas et ce, pour trois raisons :

la première, l’auto-congratulation de Disney proprement insupportable ! La porte d’entrée de cette nouvelle dimension se situe dans un parc d’attraction… Disney, évidemment !  Dans la scène où Casey se rend dans une boutique pour fans de science-fiction pour recueillir des informations sur le mystérieux pin’s, le responsable fait une entrée ratée (censée être drôle…) sur la musique de Star Wars de John Williams…

Les studios de Mickey viennent justement de racheter les droits de la saga de George Lucas et l’épisode 7 sortira à la fin de l’année, comme on le sait déjà depuis très, très longtemps… Quelle heureuse coïncidence, vraiment !

Au delà de cet élément évident le deuxième point noir vient du discours véhiculé dans le film qui  est éminemment problématique. Sous couvert de promouvoir l’imagination et le rêve, Disney donne l’impression d’être indispensable pour nous permettre d’imaginer et de rêver, justement !

Ajoutez à cela un discours vibrant de Hugh Laurie où il dénonce une humanité munie d’oeillères qui ne fait rien pour éviter la catastrophe écologique qui s’annonce parce que trop obsédée par le profit… Confondant de ridicule !

C’est vrai que Disney nous promeut ses belles valeurs sans aucune arrière pensée, ni aucune volonté de générer un maximum de bénéfices…

Voilà pour le fond, maintenant la forme, elle aussi, pose problème. Le film promet du rêve mais il nous offre surtout de l’ennui ! L’histoire n’avance pas ! On attend trois plombes pour se rendre vraiment dans la fameuse ville du futur et quand on y arrive enfin, les enjeux sont évacués en deux coups de cuillère à pot !

La jolie Brit Robertson (aperçue dans Under the Dome) se débat comme elle peut, passant son temps à demander des explications à tout le monde, sans en avoir vraiment. De son côté, George Clooney préfère rester dans sa maison truffée de pièges anti-intrus comme pour nous dire : « laissez-moi ! Je ne veux pas jouer dans ce film de propagande, donnez-moi un volluto ! What else ? »

Une deuxième cape  dans le cinéma traditionnel pour le moins ratée pour Brad Bird qui n’arrive pas à être en adéquation avec son propos (la défense de l’imagination et du rêve).

Sa seule réussite : nous faire brillamment expérimenter l’ennui !

La note d’Etats Critiques : 4,5/10

 

A la poursuite de demain (titre original : Tomorrowland).

Tomorrowland2

Science-fiction. Etats-Unis. Réal : Brad Bird. Avec : George Clooney, Britt Robertson, Raffey Cassidy. 

La jeune Casey à la tête dans les étoiles. Un jour, elle découvre un pin’s qui lui fait voir un incroyable ville futuriste…

Sorti depuis le 20 mai 2015.

Publicités