Nouvelle pierre ajoutée à l’édifice de la fainéantise des studios, Jurassic World relance une franchise créée il  y a 22 ans… Dès lors, la crainte de voir le même film qu’il y a deux décennies est grande…

Mais ne jetons pas les dinosaures avant les œufs et tentons de voir réellement ce qu’il en est…

Jurassic world

Il est vrai qu’en effet, malgré une bande-annonce impressionnante et la présence rassurante de Steven Spielberg au générique en tant que producteur, on est très dubitatif au moment où le célèbre logo d’Universal se déploie devant nos yeux…

Gros plan sur une coquille d’œuf qui se brise et libère une patte munie de griffes interminables puis un second œuf dévoile un œil reptilien orangé, fondu au blanc, de la neige, une énorme patte qui s’écrase au sol, zoom arrière c’est… Un corbeau ! Ce joli effet de style met tout de suite dans l’ambiance et nous laisse un bon espoir pour la suite…

Les deux jeunes frères Zach et Gray Mitchell sont ravis car ils rejoignent leur tante Claire Dearing (Bryce Dallas Howard),  qui dirige Jurassic World, le nouveau parc de dinosaures qui vient d’ouvrir ses portes… Tout va pour le mieux, le succès est au rendez-vous, les visiteurs s’émerveillent et nous aussi devant la qualité des effets spéciaux.

Tout va tellement bien qu’on s’ennuie ! Le film met énormément de temps à se lancer… Rien à signaler  dans la première demi-heure, le réalisateur débutant Colin Trevorrow (c’est seulement son deuxième film) semble trop occupé à ménager les susceptibilités tant les références au premier long-métrage de 1993 sont nombreuses avec, en premier lieu, le thème musical de John Williams omniprésent !

On nous fait aussi le coup du t-shirt collector Jurassic Park porté par un des employés du centre de contrôle…

On attend surtout qu’il se passe quelque chose autour de l’enclos sécurisé qui renferme le mystérieux Indominus Rex… Et quand cela arrive enfin, les scènes spectaculaires sont réussies mais n’impressionnent pas vraiment ; tout simplement parce que le film originel faisait tout cela déjà très bien !

En fait, c’est assez simple, Jurassic World reprend la mythologie et la trame de la saga en y ajoutant une dimension génétique plus importante : on ne se contente plus de ressusciter des espèces, on en crée une nouvelle…

Cette nuance mise à part, ce film n’apporte rien de plus, si ce n’est faire découvrir cet univers aux ados et aux pré-ados qui devraient d’ailleurs beaucoup l’apprécier.

Mais pour les générations nées dans les années 80 ou bien avant, le compte n’y est pas, clairement. C’est bien fait évidemment mais les effets spéciaux de qualité (exception faite d’une 3D ici inutile…) sont un minimum dans ce genre de production et ne suffisent pas à nous libérer d’une impression de déjà-vu permanente…

Chris Pratt qui joue Owen Grady, le spécialiste casse-cou des raptors  peine à faire oublier Sam Neill. Au contraire, sa collègue Bryce Dallas Howard à la jolie chevelure rousse  rappelle un peu trop le personnage de Julianne Moore dans Le Monde Perdu (1997) et c’est ennuyeux tant ce deuxième volet était dramatiquement raté !

Seul petit plaisir : la présence d’Omar Sy qui jouit d’un rôle (un peu) plus consistant que dans X-Men (2014)… Ce n’est pas difficile en même temps. Courage Omar, ton texte sera encore plus important dans ton prochain film !

En résumé, nos craintes de départ se sont globalement confirmées. Jurassic World est surtout là pour vendre des jouets pour enfants (publicité Lego avant la projection) mais aussi pour adultes (nouveau SUV et d’autres modèles de chez Mercedes eux aussi omniprésents…).

Les puristes pourront toujours se consoler en revoyant le film originel et original…

La note d’Etats Critiques : 5/10

Jurassic World.

Jurassic world2

Science-fiction. Etats-Unis. Réal : Colin Trevorrow. Avec : Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Nick Robinson. 

Les deux frères Mitchell partent découvrir le nouveau parc d’attraction Jurassic World dirigé par leur tante Claire Dearing. Mais leur séjour sera moins tranquille que prévu… 

Sorti depuis le 10 juin 2015.

 

 

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