Sorti depuis mercredi, Spectre est (avec Star Wars 7) l’un des films les plus attendus de l’année. Enfin, l’attente a pris fin ! Partons vite pour une nouvelle mission à la saveur particulière…

Spectre

Le duo gagnant de Skyfall (Sam Mendes/Daniel Craig) revient trois ans après avoir signé l’une des plus belles réussites de la saga. Tous les ingrédients sont donc réunis pour concocter une nouvelle recette à succès qui fera saliver tous les fans de l’agent le moins secret du monde.

Les choses commencent magnifiquement en tout cas : la caméra dévoile le défilé de la fête des morts à Mexico, la rue est pleine de squelettes loufoques (on pense très fort à Vivre et laisser mourir (1973)), puis soudain la caméra attrape l’un d’eux, James Bond bien sûr, et le suit durant un plan séquence magistral qui nous emmène avec lui vers son objectif.

Cette séquence d’introduction se conclue comme il se doit lors d’une scène aérienne spectaculaire avant de faire place au traditionnel générique et sa chanson originale. Cette dernière est bien interprétée, bien dans l’esprit de la saga, mais pas vraiment enthousiasmante, disons-le.

Difficile en effet d’oublier celle chantée par Adèle dans Skyfall qui donnait magnifiquement le ton du film, sombre et désenchanté…

Ce qui n’est pas vraiment le cas pour ce nouveau morceau de Sam Smith… ou plutôt si, comme nous le verrons plus tard…

Autre problème du générique : sans tomber dans le féminisme primaire, le fait de revoir des femmes « stylisées » entourant James Bond agace un peu, d’autant que les derniers opus avaient réussi à faire oublier cette dimension dépassée.

Cette mauvaise impression n’est pas vraiment effacée par les deux James Bond girls apparaissant dans Spectre : Monica Bellucci ne fait que passer, le temps d’une escale de 007 à Rome. Comme si le réalisateur s’était dit : « Tiens, on va tourner en Italie, si on faisait un petit coucou à Monica ? ».

C’était bien la peine de nous sortir le couplet de la « première femme mûre » qui séduit Bond dans l’histoire de la saga, en vérité, on n’a pas vraiment l’occasion d’y penser du fait de la brièveté de son passage !

A contrario, Léa Seydoux profite d’un rôle beaucoup plus conséquent mais sans marquer les esprits.

N’en déplaise à une presse chauvine bêtement fière de sa présence au casting juste parce qu’elle est française (même syndrome que Platini et la Fifa…), son jeu est médiocre, toujours sur le même registre et rend son personnage inintéressant !

 Il n’y a aucune alchimie entre Craig et elle.

Pire : pour ceux et celles d’entre vous qui verront le film en français, elle manque vraiment de conviction même dans sa langue maternelle !

On regretterait presque que ce ne soit pas elle que Bond ait abandonné à Rome en lieu et place de Bellucci !

Le temps merveilleux de Vesper Lynd (Eva Green) la femme forte et brillante de Casino Royale (2006) semble bien loin…

Cependant à la décharge de Seydoux, Daniel Craig n’est pas vraiment là non plus…

On le sent un peu las du personnage, il ne met plus la même passion, la même énergie dans ses scènes. Il fait le job, bien certes, mais un peu automatiquement…

Derrière la caméra, Sam Mendes apparaît au diapason de son acteur en nous proposant une mise en scène dépourvue de personnalité (hormis le plan séquence d’ouverture), n’ayant pas la flamboyance de Skyfall

Les bagarres et les courses poursuites s’enchaînent à minima  presque machinalement sans que l’on craigne quoi que ce soit pour l’intégrité physique de notre héros, tant il apparaît davantage comme un commercial d’Aston Martin (le prototype réalisé uniquement pour le film est bien visible), qu’un véritable espion digne de sa Majesté…

Le réalisateur expédie les affaires courantes en se contentant de multiplier les clins d’oeil lourds à la saga (le char au début rappelant le Baron Samedi toujours dans Vivre et laisser mourir, le chat de Blofeld, la DB 5…).

On a l’impression d’assister au bilan de l’ère Craig tant le scénario tente de se raccrocher aux films précédents donnant lieu à une révélation proprement ridicule…

Tout paraît artificiel et même le Grand Méchant (Christoph Waltz, pourtant excellent chez Tarantino notamment) n’arrive pas à sauver les meubles, « Meilleur est le méchant, meilleur est le film » disait le grand Hithcock, on est loin du compte ici…

Le spectre de l’ennui se manifeste bien vite, on se fout de savoir comment ça va finir, on se surprend même à penser que Tom Cruise pourrait être bon dans le rôle tant cette nouvelle aventure ressemble à un Mission Impossible !

Bien évidemment, on ne s’attendait pas à retrouver les sommets de Skyfall (un tel niveau de réussite est chose rare en cinéma) mais on pouvait espérer mieux, tout cela laissait présager d’un avenir plein de promesses.

Sans être un mauvais film (on est un niveau au-dessus de Quantum of Solace (2008), heureusement !) Spectre est un mauvais James Bond, ennuyeux, assez quelconque…

Voilà pourquoi nous disions en préambule que la chanson de Sam Smith donnait bien le ton finalement !

Sauf surprise, Spectre marque la fin d’une époque (celle de Daniel Craig) et témoigne du fait que la saga a sans doute besoin d’un nouvel acteur pour trouver un nouveau souffle.

Que dire de plus si ce n’est :

« au revoir et merci à toi Daniel de nous avoir offert Casino Royale (2006) et Skyfall qui resteront à n’en pas douter au panthéon de la saga ».

La note d’Etats Critiques : 5/10

Spectre.

spectre2

Espionnage. Grande-Bretagne, Etats-Unis. Réal : Sam Mendes.  Avec :  Daniel Craig, Léa Seydoux, Christoph Waltz. 

Le nouveau directeur du Centre de Sécurité National pense que le système des doubles 0 avec permis de tuer est dépassé. Il souhaite changer d’ère, créer une base de données mondiale du renseignement et ainsi ringardiser le MI6

Mais pendant ce temps Bond découvre un danger bien plus grand que les précédents…

   

Sortie depuis le 11 novembre 2015.

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