Cette semaine, le studio d’animation le plus célèbre du monde revient et choisit de donner une suite au Monde de Nemo (2003). Les choses s’annoncent plutôt bien, le film marche très fort aux Etats-Unis et devrait cartonner aussi dans nos contrées. Mais cela en fait-il pour autant une réussite ? Rien n’est moins sûr. Allez, on prend masque et tuba et on se jette à l’eau pour en savoir plus.

Attention, par souci d’analyse, nous dévoilons quelques éléments de l’intrigue.

13 ans après Pixar nous invite à replonger dans l’océan, retrouver les poissons clowns Nemo, son père Marin et surtout leur amie Dory. C’est sur elle que ce nouveau récit va se focaliser. Il faut se rappeler qu’elle ne se rappelle de rien justement !

Ce joli poisson bleu et jaune souffre de troubles de la mémoire immédiate. Elle est perdue et demande sans cesse de l’aide dans une scène vite répétitive pour les spectateurs qui, par bonheur, ne sont pas atteints de cette pathologie !

Les fantômes de Wall-E (2008) resurgissent… Bien que ce film soit un  joli conte robotique spatial et écolo, le choix de limiter les échanges verbaux à la simple énonciation du prénom des personnages comme suit :

« Wall-E…
– Eve…
– Wall-E !!!
– Eve !!! »

ce n’est pas courageux, encore moins culotté mais juste horripilant ! On craint que Dory le soit tout autant mais non, heureusement, l’écueil est évité juste à temps quand l’intrigue se lance. Cette dernière est classique, après l’enfant perdu dans Nemo, on part à la recherche des parents perdus. On pousse le mimétisme jusqu’à rejouer la rencontre fortuite entre Marin et Dory…

C’est le reproche principal que l’on peut faire au film,  reprendre les éléments du premier volet en inversant simplement le sens du voyage : on ne va plus vers la liberté mais vers la captivité (Dory est née dans un parc aquatique).

La beauté  et la fluidité des images est toujours aussi parfaite (ça en devient presque énervant !) mais on ressent plus forcément le même plaisir,  la faute à une forte impression de déjà-vu qui a du mal à nous quitter. La magie d’une première fois est difficilement reproductible…

On reste malgré tout content de retrouver de bons vieux amis, accompagné de quelques nouveaux venus hauts en couleurs ! Le premier d’entre eux, Hank le Poulpe (doublé en français par l’excellent Philippe Lellouche) remporte tous les suffrages. Son art du camouflage est une usine à gags !

Les péripéties rencontrées  par les différents protagonistes manquent un peu d’originalité mais restent malgré tout prenantes, notamment grâce à quelques séquences en vue subjective assez impressionnantes. De tout évidence, elles ont été pensées pour la version 3D mais même en 2D, cela fonctionne très bien.

On retrouve  des thèmes chers aux petits génies de Pixar comme l’importance de la famille et des amis (qui font eux aussi partie de la famille, finalement). Là aussi, c’est du classique, mais c’est toujours mieux que l’ambiance morbide du Voyage d’Arlo (2015)…

Au final, Le Monde de Dory est un bon divertissement chatoyant qui plaira aux enfants mais qui laissera peut-être les adultes un peu sur leur faim, la faute à un scénario en mal de nouveauté…

La note d’Etats Critiques : 6/10

Le Monde de Dory (titre original : Finding Dory).

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Animation, aventure. Etats-Unis. Réal : Andrew Stanton et Angus MacLane. Avec les voix de :  Céline Monsarrat, Franck Dubosc, Philippe Lellouche.

Dory décide de partir sur les traces de son passé dans l’espoir de retrouver ses parents. Mais avec sa mémoire défaillante, l’expédition s’annonce particulièrement ardue…

Sorti depuis le 22 juin  2016.

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