Votre blog ciné préféré fait son grand retour sur la toile en même temps  que Guillaume Canet devant et surtout derrière la caméra, 4 ans après Blood Ties. Dans Rock’N’Roll, il dépeint avec humour et culot les difficultés de l’acteur face au temps qui passe… Et pas n’importe quel acteur : lui-même !

Le 10 janvier dernier nous avons eu le plaisir d’assister à l’avant première au cinéma Gaumont Talence de Rock n’Roll, la nouvelle réalisation Guillaume Canet, 4 ans après Blood Ties (2013), sa tentative manquée de remake des Liens du sang (2008) de Jacques Maillot au pays de l’Oncle Sam.

Alain Attal, producteur historique des films de l’acteur-réalisateur, également présent à la projection, n’y est d’ailleurs pas allé par quatre chemins en déclarant sans équivoque que le long-métrage « [les] a mis sur la paille ».

De son côté, Guillaume Canet a expliqué que cet échec l’a fait clairement douter de sa vocation de cinéaste et puis, progressivement, l’envie est revenue, jusqu’au jour où, au cours d’une interview, on lui fait remarquer qu’il n’est plus vraiment très « rock », dans le sens où il fait partie d’une génération plus « installée », avec une vie rangée (une compagne, un enfant etc…).

C’est le point de départ de Rock’n Roll, l’interview est d’ailleurs rejouée sur le tournage du film dans lequel Guillaume Canet joue (Dans le film ! Mise en abîme, hé hé !). Le mordu du cinéma appréciera d’observer un peu l’envers du décor des plateaux avec la touche d’humour qui va bien.

Car oui, comme vous l’avez sûrement vu sur les nombreuses images qui circulent depuis des mois sur les réseaux sociaux et autres, Rock’n’Roll est une comédie, mais une comédie drôle ! Cela paraît être une paraphrase de La Palisse énoncée de cette façon mais en vérité, une comédie française qui sollicite vraiment les zygomatiques, cela n’arrive pas souvent.

Or, Guillaume Canet tape juste en jouant à fond la carte de l’auto-dérision, allant jusqu’à mettre en scène sa propre vie de couple avec Marion Cotillard sur le mode du contraste (lui, acteur en retrait un peu vieillissant, elle au firmament d’Hollywood).

Le film retrouve une fraîcheur qu’on avait perdu avec Blood ties voire même Les Petits Mouchoirs (2010). À l’avant-première Alain Attal a d’ailleurs présenté Rock’N’Roll comme un « deuxième premier film« , ce qui peut se comprendre mais est tout de même un tantinet exagéré.

Pourquoi ? Parce que Guillaume Canet évolue en terrain connu avec ses potes (coucou Gilles Lellouche, Philippe Lefebvre etc…) comme dans Les Petits Mouchoirs, en évoquant des questions existentielles insignifiantes comme dans Les Petits Mouchoirs

On est même au-delà du film de potes puisque Madame est là ! (coucou Marion). Alors, même si l’ensemble reste très drôle, on tourne en rond au bout d’un moment, tout est un peu répétitif (le gag de la préparation de Cotillard pour le nouveau film du québécois Xavier Dolan dure trois plombes…) et la dimension nombriliste du récit devient lassante.

Rock’n’roll a clairement des difficultés à tenir sa folie pourtant si jouissive pendant deux heures, peut-être aurait-il mieux valu le condenser en 1h30, 1h40.

Heureusement, ce petit problème de rythme est rattrapé par un final désopilant car Canet ose pousser le délire jusqu’au bout et signe l’un des probables succès (mérité) de l’année.

Le cavalier cinéaste est incontestablement de retour en selle !

La note d’Etats Critiques : 7,5/10

Rock n Roll.

rocknroll2

Comédie. France. Réal : Guillaume Canet. Avec :  Guillaume Canet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche.

Guillaume Canet profite d’une vie professionnelle et personnelle épanouie. Jusqu’au jour où, interrogé par une journaliste, il prend conscience qu’il n’est plus très « rock », plus vraiment dans le coup aux yeux de la nouvelle génération. C’est décidé ! Il va tout faire pour lui prouver le contraire !

Sortie le 15 février  2017.

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