Ce soir, c’est les César en direct sur Canal+ et RTL depuis la salle Pleyel.  Vous l’avez deviné grâce au titre, on ne va pas jouer au jeu des pronostics mais parler d’un nouveau venu dans la galerie des récompenses de la profession.

En effet, l’Académie a décidé cette année de créer un César du Public à la suite d’un « aboutissement » de « discussion avec Dany Boon » de l’aveu  même d’Alain Terzian Président de l’académie des arts et techniques du du cinéma si l’on en croit les propos cités par Le Parisien.

Ainsi donc, le Ch’ti le plus célèbre de France a gagné son combat au bout de dix ans…

Souvenez-vous : nous sommes en 2008, c’est le début d’une longue crise économique, les Français ont le moral dans les chaussettes (vous me direz ils l’ont aussi quand ça va bien mais c’est un autre débat…), Bienvenue chez les Ch’tis débarque alors dans les salles. Au bon moment. Les déboires de Philippe Abrams joué par Kad Mérad font rire la France entière.

C’est un carton sans précédent ! Au point que Dany Boon parvient à détrôner l’orfèvre Gérard Oury et son chef d’oeuvre La Grande Vadrouille (1966) au panthéon du box office national.

Ce succès est étonnant car même si le film est drôle à certains moments, il n’égale en rien l’écriture ciselée et le sens du gag de son glorieux aîné. En conséquence, l’Académie ne lui accorde qu’une seule nomination  dans la catégorie « meilleur scénario original, choix logique pour un film sympathique mais pas marquant.

Pourtant, Dany Boon s’insurge et par extension, on accuse l’Académie d’ignorer les succès populaires… Mais elle n’est pas là pour cela ! Les César ont pour vocation à récompenser les meilleurs films de l’année, les meilleures réussites artistiques, or ces dernières ne rencontrent pas forcément le succès dans les salles et, inversement, les grosses entrées ne sont pas forcément non plus des réussites artistiques…

Et c’était très bien comme cela !

Du moins, jusqu’à aujourd’hui. Avec ce nouveau César, l’Académie vient en effet de céder à la « dictature de la masse » qui domine depuis l’avènement des réseaux sociaux.

Quelle belle perspective de voir désormais des films sans intérêt, dans la veine des Nouvelles Aventures d’Aladin (2015), déjà ultra subventionnés par le CNC, décrocher la timbale chaque année comme se sont gaussés déjà de nombreux twittos (comme quoi les réseaux sociaux ont quand même du bon !).

Avec cette nouvelle catégorie, l’Académie encourage les acteurs du cinéma et les chaînes de télé dans ce qu’ils font déjà bien trop souvent, à savoir, produire des longs métrages lourdingues sans aucune autre exigence artistique qu’une diffusion familiale à la télévision, un an après leur sortie… Vive les (télé)films…

La médiocrité fainéante régnante dans le Cinéma Français n’est pas près de laisser sa couronne à des productions exigeantes et méritantes et ce, dans tous les genres ! En cela, le Cinéma Français s’inscrit dans la « médiocratie » de son pays, vox populi vox dei…  

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