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Le Festival de Cannes s’est achevé ce week-end, une bonne occasion pour nous d’évoquer un des films français de la sélection Plaire, aimer et courir vite, qui a bien plu à la critique d’ailleurs dans son ensemble.

Voyons si votre blog préféré s’inscrit dans cet ensemble ou s’il joue son crâneur bloqueur zadiste.

Bon, inutile de faire durer trop longtemps le suspense (d’autant plus que le titre vous donne un indice sérieux), on a aimé.

Deux ans après son adaptation étrange et pas franchement intéressante des Malheurs de Sophie, Christophe Honoré choisit d’évoquer les années Sida, pas au travers d’Act Up comme 120 battements Par Minute (2017) (Grand Prix à Cannes l’an dernier), mais sous un angle plus personnel, plus intime, moins militant.

Arthur (Vincent Lacoste), un jeune étudiant rencontre Jacques (Pierre Deladonchamps), un écrivain père de famille dans un cinéma rennais, un soir de 1993. Les deux hommes vont s’apprivoiser doucement et s’aimer en dépit de la distance (Jacques est parisien) et du danger (Jacques est également malade).

Honoré nous dépeint un monde où l’on s’aime en cachette la nuit au cœur du décor urbain. La mort plane (le sida a commencé ses ravages…) mais la joie est là, la lumière perce dans la noirceur. C’est la grande force du film, l’humour est très présent et désamorce un récit qui aurait tôt fait de trop sombrer dans le pathos, sans pour autant nier la dure réalité.

Vincent Lacoste est excellent et se donne à fond dans son rôle en interprétant des scènes explicites notamment.

Son partenaire à l’écran, Pierre Deladonchamps est la véritable révélation du film :  son jeu toute en retenue apporte un contraste avec Lacoste, lui conférant un charisme certain mais symbolise aussi l’épée de Damoclès présente au dessus de lui, son temps est compté, il n’a pas forcément envie de s’engager dans une relation sur le long terme.

Seul gros bémol niveau distribution : Denis Podalydès. Il est très en dessous de ses camarades, ne semble pas très à l’aise, ce qui amène un décalage plutôt drôle sur quelques scènes mais ne fonctionne pas sur la durée, malheureusement.

La durée, justement. C’est le gros point noir du film ! 2 h 12 c’est beaucoup « trop » long pour ce qu’on nous propose. La destinée des différents personnages s’étire en longueur et en dépit de l’attachement évident qu’on a pour eux ou des dialogues très bien écrits, on s’ennuie !!

C’est dommage car cette longue durée aurait pu permettre de développer les rôles secondaires bien trop absents : Nadine, la petite amie délaissée d’Arthur (Adèle Wismes), la femme (Sophie Letourneur) et l’enfant de Jacques (incarné par le petit Tristan Farge).

On aimerait en savoir plus sur eux, savoir aussi comment ils en sont arrivés là avec les personnages principaux. Frustrant.

Cependant, Plaire, aimer et courir reste un projet très intéressant (pas comme Les Malheurs !!! C’est déjà ça !!!) qui mérite le bon accueil critique qu’il a reçu. De même, Vincent Lacoste ou Pierre Deladonchamps auraient presque mérité un prix d’interprétation sur la Croisette.

La note d’États Critiques 7/10

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