Jeudi 11 octobre – 14 h 30. 

Aujourd’hui, on s’intéresse à la compétition dans la « catégorie longs-métrages » avec le film Pearl, le première réalisation d’Elsa Amiel qui a auparavant officié comme assistante auprès de Bertrand Bonello notamment, le réalisateur de Saint-Laurent (dont on parle ici).

Direction le cinéma Utopia malgré la pluie (dans la continuité de l’orage passé sur Bordeaux la nuit dernière…).  Mais ce n’est pas le moment de parler de la météo mais plutôt transpiration et biscoteaux !

La cinéaste Elsa Amiel nous plonge en effet dans l’univers du culturisme en nous faisant suivre Lisa Pearl pendant une compétition dans le Nord de la France.

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Elsa Amiel (allocine.fr).

D’entrée, l’accent est mis sur les corps et les muscles avec l’utilisation de très gros plans. On montre les efforts et la souffrance engendrée pour sculpter ces corps… On voit la transpiration couler, la fonte soulevée, l’hygiène de vie imposée… Les culturistes apparaissent comme de véritables athlètes qui vivent sous la houlette d’entraîneurs exigeants.

Celui de Lisa est incarné par l’excellent Peter Mullan (récemment vu dans la toute aussi excellente série Westworld diffusée sur HBO et sur OCS chez nous) qui régie sa vie à chaque instant dans la seule objectif de la faire gagner.

Mais toute cette mécanique bien huilée commence à tousser quand l’ex compagnon de Lisa débarque à son hôtel avec leur jeune fils Joseph pour qu’elle le garde pendant 2 heures, le temps qu’il règle une affaire qui semble bien douteuse…

Mais, tout à sa compétition, Lisa n’a aucune envie de s’occuper de ce fils qu’elle n’a pas vu depuis 4 ans, lui non plus d’ailleurs, n’a pas envie d’une telle mère.

Le petit Vidal Arzoni qui incarne Joseph est la révélation du film !

On sent toute sa fragilité mais aussi sa force de caractère, ses réactions apportent par moments une touche de légèreté au film, ce qui permet de contrebalancer une réalité difficile (les concurrents et concurrentes sont très seuls).

L’idée de le faire se promener dans l’hôtel pour montrer le « culturisme a hauteur d’enfant » est également très bien trouvée.

Lui et sa mère s’apprivoisent petit à petit, comme le montre la séquence du restaurant au cours de laquelle, Lisa, voyant que son fils n’arrive pas à couper sa viande, l’aide… avec ses dents ! Telle une fauve qui nourrit sa progéniture…

Cette relation mère-fils est le point fort du film mais n’est, à mon avis, pas complètement explorée. Dommage. On a envie de voir davantage comment les choses vont évoluer.

On ne sait pas non plus grand chose du passé des personnages, on les découvre à un instant T, tel qu’ils sont mais cela laisse libre court à l’imagination du spectateur, c’est un choix osé mais cohérent : après tout, on assiste à une compétition avant tout.

Elsa Amiel filme un milieu finalement méconnu, loin des clichés. Elle pose un regard tendre sur ces athlètes qui souffrent (la scène ou Lisa est réveillée par des crampes est très forte).

Cependant, malgré toutes ces qualités, on n’est pas totalement conquis : la faute à une actrice principale (Julia Föry) qui a parfois du mal à faire passer des émotions (normal, ce n’est pas son métier) et à une fin un peu brutale qui donne le sentiment que le film ne sait pas trop où il va. Mais pour une première fois, ce n’est pas mal.

20 h 00. 

J Dune
Alejandro Jodorowsky (allocine.fr).

On quitte la salle de sport et le podium pour rejoindre le CGR Le Français et poursuivre le cycle Amanda Lear pour découvrir un documentaire américain Jodorowski’s Dune (2013) de Frank Pavich qui présente le projet d’adaptation avorté du roman de Frank Herbert, à ne pas confondre avec le film de David Lynch sorti en 1984.

C’est passionnant ! Il n’y a pas d’autre mot. Le cinéaste franco-chillien Alejandro Jodorowski raconte avec passion et drôlerie la genèse de « son » Dune en étant accompagné par ses « guerriers »  Hans-Ruedi Giger et Chris Foss qui interviennent aussi dans le documentaire. Les regrettés Dan O’ Bannon et Jean Giraud alias Moebius ne sont pas oubliés.

Le projet prend forme avec les dessins de Giraud et Giger qui constituent le véritable storyboard géant du film.

Dans le même temps, Jodorowsky réfléchit à son casting et parvient à convaincre Mick Jagger, Orson Welles et même le fantasque Salvador Dali, sans oublier sa muse Amanda Lear bien sûr de rejoindre de l’aventure.

En plus, Frank Pavich a l’idée géniale d’animer certains dessins de Moebius pour nous donner un aperçu du rendu final supposé. Cela aurait pu être magnifique en effet…

De là, à parler de chef d’oeuvre « supérieur à 2001 » (comprendre : 2001 : l’odyssée de l’espace de Kubrick) comme le déclare Chriss Foss, il n’y a qu’un pas… qu’on ne franchira pas ! Tout cela reste purement théorique !

Ce qui surtout intéressant, c’est de voir à quel point ce film finalement abandonné a infusé dans toute la science-fiction hollywoodienne qui a suivi de Star Wars à Blade Runner en passant par Alien (Hans-Ruedi Giger a conçu la créature du film).

Il donne surtout terriblement envie de voir la nouvelle tentative d’adaptation portée par le très talentueux Denis Villeneuve, prévue pour 2019…

Dune

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