Après Leto, on poursuit l’exploration des films en compétition dans la catégorie « Fictions » au Festival International du Film d’Histoire de Pessac avec Funan de Denis Do.

Ce film d’animation nous fait suivre une famille cambodgienne dont la vie bascule à l’arrivée au pouvoir des Khmers Rouges  en 1975.

C’est le premier long-métrage du jeune réalisateur, passionné d’animation, déjà auréolé de plusieurs prix (Grand Prix et Prix du Public au Los Angeles Film Festival 2018, Crystal du Meilleur long métrage au Festival international d’animation Annecy 2018).

C’est donc avec enthousiasme qu’on se rend dans la salle Fellini du cinéma Jean Eustache pour découvrir ce beau projet. Mais dès les premières minutes, cela coince…

La faute a l’animation qui manque terriblement de fluidité…

En conséquence, les personnages sont incroyablement gauches et manquent énormément d’expressivité…

Cependant, cette impression peut s’expliquer par la volonté du réalisateur de refuser, non pas l’émotion, mais « l’extravagance de l’animation, c’est à dire le surplus d’animation« . Il explique :

« Quand on est animateur, on aime bien animer : on aime bien quand ça bouge, quand ça ne bouge pas, on est très frustrés. On a envie d’inventer des petites choses.

Moi, je voulais que tout passe par les yeux, parce que les yeux c’est ce qui attire le regard du spectateur en premier, ensuite viennent les mains. Il se trouve que dans les choix de cadrages, on ne cadre pas forcément les mains, du coup, naturellement, les animateurs, quand on leur dit : le personnage ressent telle ou telle chose etc ». (…), [ils] vont vouloir créer des actions.

Là, cela fait presque une heure qu’on se parle, on n’a quasiment pas changé de position. (…) Moi mon but c’est de trouver cette position (par exemple votre position assise) qui va synthétiser toutes vos positions dans l’heure qui suit (…) et de l’installer ». 

Ce choix clair et tout à fait compréhensible permet de développer une mise en scène très sobre. Denis Do confirme d’ailleurs que Funan est un film dont le « maître mot c’est la sobriété », sobriété qui apparaît aussi dans la représentation de la violence, plus suggérée que réellement montrée (cela ne l’atténue pas pour autant, la suggestion est souvent plus forte que des images crues).

Malgré tout, trop de sobriété, tue la sobriété et cela fait de Funan un film un peu trop sage  qui est, en plus, plombé par de nombreuses ellipses qui perdent un peu le spectateur.

Néanmoins, ce premier long-métrage donne envie de suivre l’évolution d’un jeune réalisateur prometteur qui sait ce qu’il veut.

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