Franck Riester, le Ministre de la Culture a esquissé, mardi, les principaux axes de la réforme de l’audiovisuel (hors secteur public pour le moment) voulue par le gouvernement.

Concernant le Cinéma, un premier grand changement devrait avoir lieu :

à partir du 1er janvier prochain les chaînes seront autorisées à diffuser des films tous les soirs de la semaine alors qu’aujourd’hui c’est impossible.

Cette mesure avait été adoptée en son temps pour défendre le Grand Ecran face au Petit.

Or, à l’heure des plateformes en ligne, comme Netflix ou Amazon Prime Video, qui proposent des films à toutes heures de jour et de la nuit, cela n’a évidemment plus vraiment de sens.

Les soirées de cinéma seront bientôt plus fréquentes chez vous et c’est plutôt une bonne nouvelle ! Espérons que cela dope notre rubrique « Conseil du jour » sur Facebook et que cela permette surtout au plus grand de nombre de découvrir plus de bons films…

Tout irait mieux dans le meilleurs des mondes si cette belle intention n’était pas entachée par la possibilité pour ces mêmes chaînes de rajouter une troisième page du publicité !

Cerise sur le gâteau : le délai de 20 minutes entre deux pages de réclames sera supprimé ! Attendez-vous donc à voir très souvent Louis de Funès grimacer devant les programmes minceur Comme J’aime ou encore Christian Clavier crier : « okaaaaaaaaaay ! » entre deux rouleaux de sopalin…

Au final, cela ne rendra pas le cinéma plus accessible, tout simplement parce que beaucoup de téléspectateurs et de téléspectatrices n’auront pas la patience de se coltiner 3 pages de pubs pour voir la fin d’un film, en sachant qu’il faut travailler le lendemain, et que surtout, le prime time (comme on dit en bon français) commence de plus en plus tard grâce à Hanouna et aux feuilletons produits à la chaîne (sans jeux de mots…) par TF1 (Demain nous appartient), ou France Télévisions (Plus Belle La Vie, Un Si Grand Soleil).

Cela ne fera que pousser davantage les gens vers Netflix et consorts, qui finiront peut-être, à terme, par réduire leur contenus en France, si l’obligation d’investir un pourcentage de leur chiffre d’affaires (16 % prévu par décret en cas d’absence d’accord) dans la création française ne leur convient pas.

Au final, on peut craindre qu’ils choisissent de privilégier de simples partenariats comme celui d’HBO avec Orange par exemple…

Par sûr en effet, que l’assouplissement de la chronologie des médias (qui leur permettrait de diffuser plus facilement des films récents) suffisent à leur bonheur…

Alors, attention, le financement de la création est essentiel au Cinéma, cependant, il ne faudrait pas que des taux trop importants dissuadent de nouveaux acteurs d’investir dans la production.

Bon, on s’égare peut-être en conjectures sur le sujet pour le moment, l’avenir dira si on se trompe au pas…

Le vrai problème reste cette fameuse 3e coupure pub qui prouve que pour le gouvernement : regarder des films c’est bien, acheter c’est mieux !

sources :
Réforme de l’audiovisuel : les principales dispositions, leprogres.fr, 04/09/2019 (lien).
Davantage de pub et de films à la télé : la réforme de l’audiovisuel par le menu, telerama.fr, 03/09/2019 (lien).

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