Aujourd’hui, on se focalise sur un long métrage de la sélection Contrebandes qui rassemble des films produits hors des circuits traditionnels.

Dans Ma nudité ne sert à rien, l’actrice et réalisatrice Marina De Van interroge son rapport à la société contemporaine en se mettant littéralement à nue face à nous, tout en nous conviant dans l’intimité quotidienne de son appartement parisien.

Sa solitude est notre solitude, son exemple d’abord personnel nous parle à tous et à toutes devenant ainsi universel…

Non, je déconne !

J’aurais vraiment voulu écrire ce genre de phrases sur ce film, parce que je sens bien que c’est cela que la réalisatrice cherche à susciter chez le spectateur mais la vérité nue (pour rester dans le thème !), c’est que ça ne marche pas du tout, désolé !

Pourquoi ? Parce qu’elle ne propose rien de nouveau ! La solitude de nos sociétés, la futilité de nos rapports sur les sites de rencontres, le diktat des corps parfaits, la difficulté de vieillir, la fuite du désir… Tous ces thèmes éminemment contemporains ont déjà été traité (et le seront encore) de bien meilleure façon !

Il ne suffit pas de les mélanger et de prendre une expression imagée (« se mettre à nue ») au sens propre pour créer un projet intéressant ! Cela suscite au mieux une petite curiosité au début mais au bout de quelques minutes, on s’habitue et il ne reste plus rien…

Enfin si. Il reste les états d’âme d’une femme presque quinquagénaire totalement insatisfaite de son existence et jalouse des autres (en particulier de son frère qui a une vie de couple épanouie).

Le spectateur se transforme à son corps défendant en psychologue qui doit assurer la consultation d’une scénariste, romancière et cinéaste mal dans sa peau ! Pendant près d’une heure et demie, on subit son mal-être, ses relations sentimentales sans lendemain voire difficile et son rapport compliqué avec son corps qui change…

Son récit n’a rien d’universaliste, il est juste nombriliste pour parler cru (le thème, toujours). Sa solitude est difficile parce qu’elle semble subie, oui.

Mais la solitude peut aussi être une libération si elle est choisie.

Enfin, la caméra numérique aussi manque de subtilité, l’image est trop nette, trop crue (décidément !), tout cela manque de poésie, notamment dans les séquences avec la voix-off très écrite (sans doute un des seuls bons points du film)…

Heureusement que son chat est là pour nous distraire.

Au final, ce film a le défaut de nombreux films d’auteur : son impossibilité à transcender son sujet.