Il n’y a pas que Star Wars dans la vie, il y a aussi Valérie Donzelli.

L’actrice-réalisatrice nous présente Notre dame, sa nouvelle comédie qui évoque la cathédrale en toile de fond.

Nous avons eu la chance de la rencontrer il y a quelques jours, en compagnie de RCF Bordeaux et du blog du cinéma notamment. Merci à elle pour ses réponses.

Mais de quoi parle ce film précisément ?

De Maude Crayon (Valérie Donzelli), une jeune architecte, mère de deux enfants qui remporte de manière totalement improbable un concours organisé par la mairie pour aménager la parvis de Notre Dame.

Elle va devoir en plus gérer en parallèle une vie personnelle pour le moins agitée avec un ex toujours présent et un amour de jeunesse qui resurgit…

Mais la première chose qui frappe, c’est le titre, écrit en minuscule. Pourquoi ce choix ?

« Pour jouer sur le jeu de mots de la cathédrale, et en même temps notre dame (Maude Crayon) qui est la dame que tout le monde veut, dont tout le monde profite ». nous explique la cinéaste.

En effet, Maud Crayon doit jongler entre son travail, ses enfants, un ex envahissant et un amour de jeunesse très attirant (Pierre Deladonchamps).

Toujours en mouvement, sa vie va très vite, elle ne s’arrête jamais. Valérie Donzelli confie :

« Ça m’intéressait de travailler cette question de la « femme qui fait tout » pour aussi en montrer les limites, quelqu’un qui prend tout en charge c’est aussi quelqu’un qui empêche les autres de faire ».

Ce personnage a l’obsession du contrôle mais paradoxalement ne contrôle rien, pas même sa réussite au concours de la mairie.

Valérie Donzelli joue à fond la carte du burlesque (les gens se mettent des claques dans la rue sans raison !) pour désamorcer la tension qu’elle a senti dans Paris après les attentats de 2015. Elle raconte :

« Quand j’ai écrit le film c’était après les attentats de 2015, et j’ai trouvé que Paris avait basculé dans une autre dimension, où les gens ont connu la peur, ont été très angoissés de ce qui s’était passé.

D’un coup le bruit de la ville avait changé : on entendait des sirènes toutes les deux secondes dans toute la ville, on était dans un climat très très angoissant et très triste. Pour moi, c’était évident que le film devait se passer à Paris mais je ne pouvais pas concevoir de parler de Paris, sans montrer ce bouleversement là.

(…)

Je voulais montrer à la fois la beauté de Paris, c’est ma ville d’adoption et c’est une ville que j’ai toujours aimé filmer, et en même temps montrer sa violence et sa dureté ».

Elle évoque aussi le contexte politique et écologique qui donne le sentiment de vivre des « catastrophes tous les jours quand on allume la radio ».

« Je trouvais ça drôle de l’utiliser dans le film et planter le décor du film dans un état totalement anxiogène où les gens sont à cran et en viennent à se mettre des baffes pour se défouler parce qu’ils sont trop tendus ».

On comprend bien les intentions de l’actrice-réalisatrice, le problème : c’est pas vraiment drôle…

L’ensemble manque de finesse, tout paraît un peu surjoué et l’hommage aux comédies musicales (danse et chant),  qui arrive comme un cheveu sur la soupe, n’aide pas vraiment à rentrer dans le délire…

On s’ennuie ferme.

Mais on apprécie quand même de pouvoir admirer la cathédrale encore intacte (le film a été tourné avant le terrible incendie), et également les rôles à contre-emploi d’acteurs souvent cantonnés à des personnages de « gentils ».

On pense surtout à Samir Guesmi qui joue le patron détestable de Maude.

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Valérie Donzelli et Samir Guesmi (© Scope Pictures – Les Films de Françoise).

« Ça m’amusait beaucoup de le mettre dans ce rôle-là parce que c’est quand même [un acteur] qui dégage une bonté telle qu’on ne peut pas l’imaginer une seule seconde en salaud (…). Il s’est beaucoup amusé à faire ce rôle. C’était vraiment génial ».

Dommage que le film ne le soit pas autant…

Mais peut-être saurez-vous l’apprécier si vous parvenez à accepter l’univers proposé… Nous, on est restés sur le parvis.

La note d’Etats Critiques : 4,5/10