Depuis ce jeudi, Official Secrets, prix du public au Festival International du film d’Histoire de Pessac, est disponible sur les plateformes de vidéo à la demande.

Réalisé par Gavin Hood, ce film d’espionnage raconte le destin et le courage de Katharine Gun, employée des renseignements britanniques, qui rendit publique, en 2003, un mémo révélant la volonté américaine de faire pression sur des membres de l’ONU dans le but  de faire adopter une résolution favorable à la guerre en Irak en 2003.

C’est Keira Knightley qui incarne à l’écran cette véritable héroïne qui a tenté d’empêcher une guerre totalement injustifiée comme on le sait aujourd’hui. Et elle le fait très bien.

Son jeu extrêmement fin et juste nous fait véritablement ressentir son tiraillement intérieur entre son devoir professionnel et sa conscience citoyenne.

Le film montre aussi très bien les hésitations de la presse face à une telle information, la difficulté, mais à la fois, toute la noblesse du journalisme d’investigation.

On aime aussi les seconds rôles également très bons, Matt Smith en tête (ex Doctor Who) mais n’omettons pas non plus les excellents Matthew Goode (vu dans la série Downton Abbey), Ralph Fiennes, Adam Bakri (qui joue le mari de Katharine), Rhys Ifans et surtout Conleth Hill.

Il est très probable que, dans un premier temps, ce nom ne vous dise absolument rien.

Cependant, si dans un second temps, on vous précise qu’il a incarné ni plus ni moins que Lord Varys dans Game of Thrones, cela vous parle sûrement davantage…

Conleth-Hill
Conleth Hill dans Game of Thrones (© Helen Sloan/HBO).

  D’ailleurs, pour l’anecdote, une autre actrice de la série inspirée de l’univers crée par George R. R. Martin joue également dans Official Secrets, il s’agit de la comédienne anglaise Indira Varma.

Indira-Varma
Indira Varma dans Game of Thrones (© HBO).

 De quoi bien briller dans les dîners en ce début d’année (merci Etats Critiques !)…

Mais vous allez dire que l’on s’égare… pour une bonne raison, en vérité… car, en dehors de son casting de qualité, il n’y a rien à raconter sur le film…

La faute à une réalisation totalement quelconque…

Le déroulé en long flashback avant de finalement revenir au présent a déjà été vu cent fois…

Le réalisateur ne fait preuve d’aucune vision (aucun plan n’est véritablement marquant) et ne parvient pas à sublimer un sujet pourtant éminemment cinématographique…

On est en présence d’un joli téléfilm calibré pour le plus grand nombre, ce n’est pas étonnant que le public du festival de Pessac l’ait récompensé mais cela a, au moins, le mérite de saluer la performance de Keira Knightley.

La note d’Etats Critiques : 5/10