Mercredi soir, nous avons a eu le plaisir d’être présents à la deuxième soirée Le Court des Grands organisée par Extérieur Nuit, l’association cinéma  de la Kedge Business School de Bordeaux, au cinéma Jean Eustache à Pessac, berceau de l’excellent Festival International du Film d’Histoire comme vous le savez sûrement (parce que vous nous lisez souvent !).

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(source : justacote.com)

Le principe de l’événement ? Mettre à l’honneur un cinéaste qui débute, en présentant son premier film avec, en préambule, le court métrage qui l’a fait connaître et permis, ensuite, de réaliser quelques années plus tard, le long métrage qui suit.

Mercredi soir, c’est Benjamin Parent qu’Extérieur Nuit a choisi de faire découvrir au public présent. Son premier long Un vrai bonhomme sortait le jour même en salles.

Mais avant cela, son court métrage, réalisé en 2012, Ce n’est pas un film de cow-boys ouvre le bal.

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Finnegan Oldfield et Malivaï Yakou sur l’affiche du court métrage (© D. R.).

C’est la pause entre deux cours. Le jeune Moussa (Malivaï Yakou) se soulage aux toilettes.

Vincent, un jeune blanc-bec, joué par le très bon Finnegan Oldfield (qu’on a vu récemment dans le très oubliable Le Poulain (2017), qui avait tout de même le mérite de donner un vrai rôle de « femme fatale » à Alexandra Lamy) arrive dans la pièce.

Long travelling sur ses pieds qui crée une tension soudaine… brusquement désamorcée par un plan sur son visage, témoignant qu’il vient simplement… se soulager lui aussi.

Comment un simple travelling bien mené peut susciter de l’émotion…! Les choses commencent bien ! Et se confirment par la suite.

En effet, ce premier essai « grandeur nature » captive malgré la simplicité apparente de son scénario : deux garçons et deux filles « refont » le film Le Secret Brokeback Mountain (2005) d’Ang Lee, passé la veille à la télévision. Mine de rien, Benjamin aborde avec douceur et humour l’homosexualité.

Les dialogues sont extrêmement bien écrits et paraissent naturels, ce qui prouve également que Benjamin Parent est un formidable directeur de (jeunes) acteurs et un révélateur de talents.

En effet, outre Finnegan Olfied et Malivaï Yakou, tous deux très justes, il y a la jeune Garance Marilier qui se fera connaître quatre ans plus tard grâce au film d’horreur Grave de Julia Ducournau.

Ces très bonnes impressions vont-elles se confirmer sur le long métrage ? La réponse est oui !

Disons-le sans ambages : Un vrai bonhomme est notre premier vrai coup de cœur de l’année !

Pourquoi ? C’est là que cela se complique car il est difficile de le dire sans divulgâcher le film tel des fans de Game of Thrones (2011-2019) qui voudraient se venger de la saison 8 ratée…

On peut quand même vous dire que les jeunes acteurs sont toujours aussi bien dirigés.

Benjamin Parent aborde cette fois, toujours avec la merveilleuse subtilité qui le caractérise, le deuil, la difficulté de s’intégrer dans un groupe et de s’accepter soi-même, le tout avec une touche de fantastique…

Et quel plaisir d’entendre des jeunes parler… « jeune » au cinéma. Trop de films ont, en effet, tendance à faire des enfants, ou des adolescents, de simples « adultes miniatures »… Ce n’est pas le cas ici.

Le sens du dialogue entraperçu dans le court métrage se déploie pleinement dans le long. On rit et on est émus, juste comme il faut, subtilité toujours…!

Les deux comédiens principaux Thomas Guy et Benjamin Voisin développent une complicité impressionnante, véritable moteur et atout du film.

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Thomas Guy et Benjamin Voisin (© Ad Vitam).

Bravo à merci Extérieur Nuit de nous avoir fait découvrir un premier film aussi réussi, plein de promesses pour la filmographie à venir de Benjamin Parent.

Comme quoi, le cinéma français est bien vivant, pour peu qu’on donne les moyens à des artistes de talent de s’exprimer et de le nourrir.

La note d’Etats Critiques : 8/10. 

Pour prolonger le plaisir, n’hésitez pas à consulter la page Facebook d’Extérieur Nuit.