Le nouveau film de Laurent Heynemann est en salles depuis mercredi.

Mine de rien, c’est un petit événement car le cinéaste n’avait plus dirigé de plateaux de cinéma depuis 2001. Faute de financements pour ses projets…

Heureusement, il n’a pas chômé pendant tout ce temps et a beaucoup travaillé pour la télévision. Vous verrez que cela a son importance pour la suite…

Pour son retour au cinéma, il choisit de filmer le destin de Jeanne Reichenbach  qui a abandonné mari et enfant pour suivre Léon Blum, l’homme qu’elle aime depuis l’adolescence, dans les tourments de l’Occupation.

On avait découvert ce film il y a quelques mois au Festival International du Film d’Histoire de Pessac sans en parler plus que cela car… il n’y avait rien à en dire… Heynemann est effectivement un habitué de la télé et cela se voit…

Sa réalisation est purement illustrative, sans aucune recherche visuelle ou narrative.

La reconstitution des années d’Occupation est aussi travaillée que dans Un Village Français (2008 – 2017) (désolé pour les fans mais malgré toute la bonne volonté du monde cette série n’est pas crédible avec ses trois costumes et ses deux voitures d’époque…)…

Même les comédiens ont activé leurs « réglages téléfilm » : Grégori Dérangère qui incarne le mari délaissé de Jeanne fait le service minimum et à l’air de s’ennuyer ferme.

Mais le pire reste Hippolyte Girardot qui ne transmet aucune passion ! Alors oui, c’est la merde, la prison, l’Occupation tout ça… mais une femme sublime abandonne tout pour toi et… rien.

Mais bon sang, fais quelque chose, vibre un peu, fais-nous ressentir des trucs, vous vivez une histoire d’amour folle dans une époque folle où chaque jour peut être le dernier… Y’à urgence, lâche-toi, vis à fond !

Mais non, rien de plus. Une histoire d’amour comme les autres, quoi… Je suis avec elle parce qu’elle est gentille en gros…

C’est d’autant plus regrettable qu’à l’inverse, Zylberstein réussit à faire vivre, à nous faire ressentir vraiment la passion que Jeanne éprouve pour Léon Blum… Mais son manque d’alchimie avec Girardot fait perdre tout intérêt pour cette histoire pourtant belle…

En vérité, c’est terrible à dire, mais Elsa Zylberstein a plus d’affinités avec Emilie Dequenne ou Mathilda May !

En conséquence, le pauvre Blum est relégué au second plan… C’est un sacré exploit d’offrir un tel sort à un personnage principal ! Et quel bel hommage à une de nos figures les plus importantes du l’Histoire du pays…

Inutile donc de vous déplacer pour un spectacle aussi mou et fade que ne mérite pas mieux qu’une diffusion sur France 3 entre deux épisodes des Enquêtes de Vera.

La note d’Etats Critiques : 2/10