Ce mercredi, nos amis d’Extérieur Nuit organisaient, en compagnie de l’association Les Petits Courts de Sciences Po Bordeaux, un ciné-débat sur le thème de l’environnement, au cinéma Jean Eustache de Pessac, autour de l’avant-première du film Dark Waters de Todd Haynes.

Ce film relate le combat de Robert Bilott (Mark Ruffalo), un avocat d’affaires contre Dupont, un géant de l’industrie chimique qui empoisonne la vallée de son enfance…

Pourtant, rien ne le disposait au départ à s’engager dans cette lutte. Il œuvrait même à défendre les intérêts des entreprises du secteur.

Mais tout change lorsqu’un agriculteur débarque dans son cabinet pour lui demander de l’aide, les bras chargés de cassettes vidéos qui témoignent de l’hécatombe subie par son troupeau de vaches…

L’homme est persuadé que le site d’enfouissement situé à proximité de sa ferme, est responsable de ce désastre…

Bilott est d’abord très réticent, pense lui donner les coordonnées de confrères mais le fait qu’il connaisse sa grand-mère, pousse l’avocat à se rendre sur place. L’environnement où il a grandi, paraît bien défiguré mais il estime encore que ce n’est pas si grave.

Pour rassurer le fermier, il obtient le rapport de l’Agence de Protection de L’Environnement mais, on devine vite que ce texte est complaisant à l’encontre de Dupont…

Robert Bilott comprend vite que l’entreprise est le poumon économique du coin. En conséquence, les autorités locales et beaucoup d’habitants tiennent à conserver leur emploi. Mais l’empoisonnement à petit feu ne fait bientôt aucun doute. Il faut attaquer !

Le film montre très bien les embûches et surtout la longueur de la procédure : on voit à l’écran les années qui s’égrainent… Mais Robert Bilott ne lâche rien.

Tout comme son interprète d’ailleurs, Mark Ruffalo, qui a pris du poids et se donne à fond pour le rôle… Une interprétation à oscar sans aucun doute. Peut-être un peu trop…

En effet, comme l’a souligné à raison l’un des intervenants, Daniel Compagnon (professeur à Sciences Po Bordeaux) après la projection, le film montre un peu trop ses problèmes de santé et ses disputes de couple, qui auraient pu survenir avec n’importe quelle autre affaire, même moins « émotionnelle ». Le niveau de stress de ces métiers est très élevé.

C’est le point faible de Dark Waters qui mise trop sur le pathos, inutilement, car sa mise en scène en elle-même nous prend aux tripes…

Le reste de la distribution est aussi au niveau : Bill Camp qui joue l’agriculteur est criant de vérité, Anne Hathaway, l’épouse, est excellente mais on la voit trop peu.

Le débat qui a suivi cet excellent film était intéressant et a permis par exemple de pointer les différences juridiques entre la France et la Etats-Unis (procédure au civil en premier, puis l’action pénale ensuite, il y a aussi la possibilité de nouer un accord out of court en dehors des tribunaux etc…) et enfin les problèmes environnementaux en France qui se rapprochent de celui du film (rejets toxiques de Sanofi).

Christoph Bey, professeur à la Kedge Business School de Bordeaux, accompagnait Daniel Compagnon pour le débat.

Bravo à Extérieur Nuit, à sa consœur de Sciences Po Les Petits Courts, et au cinéma Jean Eustache pour l’organisation de cette nouvelle belle soirée ciné !

Vous pouvez donc aller en confiance voir Dark Waters dès le 26 février prochain au cinéma !

La note d’Etats Critiques : 8/10

Pour prolonger le plaisir, n’hésitez pas à consulter la page Facebook d’Extérieur Nuit et celle des Petits Courts.