Etats Critiques

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L’édito

Lundi 4 août 2014

Blockbusters : forcément mauvais ?edito

Par J.Mabon

 Ces dernières semaines, les sorties du nouveau Transformers et du deuxième volet de la nouvelle trilogie de La Planète des Singes ont marqué le lancement de la saison estivale des blockbusters… Une mode désormais habituelle initiée par le Pape du Nouvel Hollywood Steven Spielberg, il y a près de quarante ans avec Les Dents de la Mer (1975).

Mais qu’est-ce qu’un blockbuster précisément ? La définition est assez simple au demeurant : c’est un film à gros budget ! De préférence  spectaculaire et destiné au plus large public possible.

Des  lors, dans le sillage du courant de pensée « Téléramesque » une distinction est née : blockbusters contre films d’auteurs, avec bien sûr un net avantage pour les seconds. L’argent corrompt, l’argent pourrit tout c’est bien connu ! Alors qu’un film réalisé sans moyens avec le cœur est forcément meilleur…

En effet, lorsque l’on regarde dans le détail le flot des supers productions qui ont accompagné nos étés, force est de constater que les loupés sont nombreux… Citons pèle-mêle : Green Lantern (2011), Superman Returns (2006), Pacific Rim (2013)… Ces exemples misent tout sur les effets spéciaux, peu importe le scénario… Vous noterez l’omniprésence des américains dans ce segment.

Malgré tout, nous autres français, produisons aussi (plus rarement évidement) nos propres blockbusters ratés… (Cocorico !).

Et là, je devine votre regard surpris de l’autre côté de l’écran, vous vous dites : « Quoi ? Il dit n’importe quoi, on a pas les moyens de rivaliser avec les américains ! ». Un point pour vous.

Mais en y regardant de plus près, les films a gros budgets made in France existent. Jetez un oeil par exemple du côté d’un célèbre petit village d’irréductibles gaulois… Oui, Astérix, vous y êtes ! Ses deux dernières aventures cinématographiques Astérix aux Jeux Olympiques (2008) et  Astérix et Obélix : Au Service de Sa majesté (2012) ne ressemblent à rien et  massacrent sans vergogne l’univers crée par Uderzo et  Goscinny…

Gros moyens ne riment pas forcément avec grosse réussite, donc.

Qu’en est-il  des petits films ? L’histoire du box-office est parsemée de belles histoires de projets à petits budgets qui ont trouvé leur public : L’exemple le plus marquant en date reste le premier Paranormal Activity sorti en 2009. Le scénario repose sur une  idée simple : un couple pense vivre dans une maison hantée. Pour en avoir le coeur net, ils installent des caméras de surveillance qui filment durant leur sommeil… Le résultat accouchera d’un des plus gros succès horrifique de ces dernières années, le tout pour un budget imbattable de… 15 000 € ! 1

Mais il n’y a pas que le budget, un film  d’auteur doit aussi être  l’incarnation de la vision de son créateur. Ainsi, un  jeune réalisateur sud-africain Neill Blomkamp nous offre, toujours en 2009, l’excellent District 9, l’histoire d’un ghetto extraterrestre à Johannesburg, tournée sous la forme d’un faux documentaire. Cela donne une allégorie saisissante de l’Apartheid.

 Mais la vision ne suffit pas toujours. Véritable chouchou des festivals Micheal Haneke, Palme d’Or 2009 avec Le Ruban Blanc et maintes fois récompensé avec  son dernier film en date Amour (2012), produit une oeuvre sans aucun doute techniquement irréprochable mais surtout, désolé de le dire, profondément ennuyeuse… Dans le même genre, La Vie d’Adèle a aussi reçu toutes les louanges possibles et imaginables d’une  critique qui oublie un peu vite que c’est avant tout un film très plombant avec une fin bâclée…

Mais bon, pour l’establishment c’est toujours mieux que les bullddozers bourrés  d’effets spéciaux sans âme américains…

Pourtant, les blocckbusters peuvent aussi être des oeuvres de qualité. Sam Raimi a brillament réussi avec sa trilogie Spiderman (2002-2004-2007) a marier film d’auteur et blockbuster en prenant le temps de donner du corps à  ses personnages. On partage leurs états d’âmes, leurs doutes, leurs espoirs, les effets spéciaux ne sont qu’une partie du récit…

Ainsi, pour répondre à l’interrogation de départ, non les blocckbusters ne sont pas forcément mauvais… En fait, au delà du budget, c’est la valeur de l’idée directrice du film qui compte. Redonnons le premier rôle au  scénario.

1Allocine.fr

source image : Microsoft Word 2010 – ClipArt.

 

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